FONCTIONS ET EVOLUTION DES OUTILS MACROLITHIQUES AU COURS DU NEOLITHIQUE ANCIEN DU BASSIN PARISIEN

DONNÉES ARCHÉOLOGIQUESDONNÉES EXPÉRIMENTALES ET CARACTÉRISATION DES TRACES D’USURE
[+] Mouture des céréales (avec meules et molettes)[+] Broyage et concassage (avec broyons) des matières végétales, minérales et animales[+] Assouplissement (avec molettes de friction)[+] Abrasion (avec abraseurs) des matières végétales, minérales et animales[+] Polissage (avec polissoirs) des matières végétales, minérales et animales
INTERPRÉTATIONS

FONCTIONS ET EVOLUTION DES OUTILS MACROLITHIQUES AU COURS DU NEOLITHIQUE ANCIEN DU BASSIN PARISIEN

Caroline HAMON

UMR 7041 ArscAn Protohistoire européenne, Maison de l'archéologie et de l'ethnologie, Nanterre

caroline.hamon@mae.u-paris10.fr

Pour citer cet articleHamon C., 2009, « Fonctions et évolution des outils macrolithiques au cours du néolithique ancien du bassin parisien », The Arkeotek Journal, vol. 3, no 2, www.thearkeotekjournal.org.

Mots-clés

Outillage macrolithiquemeulestracéologieRubané et Villeneuve-Saint-Germainalimentationpolissageespace domestique

INTRODUCTION

A la fin du VIe millénaire en Europe du nord-ouest, l'avènement du courant de néolithisation rubanée en provenance d'Europe centrale constitue une véritable « révolution » économique, sociale et symbolique. Les populations qui colonisent rapidement les vallées alluviales disposent de techniques agricoles, architecturales, artisanales et alimentaires nouvelles. Au sein de la culture matérielle propre à ces populations, l'outillage macrolithique tient une place prépondérante, à la fois, au travers des meules, comme instrument de transformation alimentaire des céréales, et, au travers des polissoirs, comme symbole d'une nouvelle technique, la pierre polie. Malgré leur ubiquité dans la culture matérielle rubanée et post-rubanée, ces outils n'ont pas encore fait l'objet de beaucoup d'intérêts contrairement à d'autres artefacts (Zimmermann 1988, Pavlu 2000).

Notre étude des industries macrolithiques du Néolithique le plus ancien du Bassin parisien participe à la compréhension des systèmes techniques et, au delà, de l'économie et de la société sur les marges tant géographiques que chronologiques de l'expansion de la culture dite « danubienne » (sur ce sujet voir Allard 2005, Dubouloz 2003, Jeunesse 2001). Pour ce faire, nous avons analysé d'un point de vue techno-fonctionnelle un échantillonnage de 261 outils macrolithiques : des outils de broyage (meules, molettes), des outils de percussion (broyon, percuteurs), des outils de friction (molettes de friction) et des outils de polissage/abrasion (polissoirs/abraseurs à plages, à main ou à rainures). Les outils de broyage sont employés pour réduire et fragmenter tout type de matériau ; ils sont constitués d'un percutant (molette par exemple) et d'un répercutant (meule par exemple) employés en percussion posée. Les outils de percussion, utilisés en percussion lancée, sont eux utilisés pour écraser, marteler et débiter différents matériaux. Les outils de friction sont employés en percussion posée multidirectionnelle à des fins d'assouplissement ou de traitement de matériaux souples ou tendres. Enfin les outils de polissage/abrasion interviennent lors du façonnage et de la finition d'objets en pierre (inclus les bracelets) ou en matières dures animales.

L'ensemble de l'échantillon étudié est issu de sept sites d'habitat du Néolithique ancien du Bassin parisien, correspondant à la culture rubanée (5100-4900 BC) pour trois d'entre eux et à la période Villeneuve-Saint-Germain (4900-4700 BC) pour les quatre autres. Ces habitats ont en effet livré un nombre important d'outils macrolithiques, retrouvés soit dans les fosses latérales détritiques bordant les maisons danubiennes soit dans de véritables « dépôts » retrouvés dans ou à proximité des unités d'habitation. Contrairement à ce qu'on peut observer dans les autres régions de la sphère danubienne jusqu'au Rhin (Spatz 1999, Podborosky 2002), les outils macrolithiques sont quasiment absents du domaine funéraire. Notre étude a donc porté plus particulièrement sur les activités pratiquées dans l'espace domestique au sens large (activités pratiquées dans et autour de la maison). Elle visait à compléter notre perception du fonctionnement de l'unité d'habitation et des activités qui s'y sont déroulées en synergie avec les résultats obtenus notamment par la tracéologie du silex.

En outre, ce travail s'inscrit dans une dynamique de recherche concernant l'analyse fonctionnelle des outils macrolithiques. Celle-ci, initiée depuis une vingtaine d'années (Adams 2002, Christensen et Valla 1999, De Beaune 2000, Procopiou 1998), comprend expérimentations, observation et comparaisons des traces entre outils archéologiques et outils expérimentaux. Notre étude vise également à affiner une méthode d'analyse optique des traces d'utilisation sur l'outillage macrolithique (Dubreuil 2004, Fullagar 1998, Gonzalez et Ibanez 2002, Risch 2002).

L'observation des traces d'usure a été effectuée à l'aide d'un microscope stéréoscopique à des grossissements entre 5 et 120x, selon une grille de lecture définie à partir d'un référentiel expérimental sur l'outillage en grès et une terminologie explicitée dans de précédentes publications (Hamon 2006 ; Hamon 2008a ; Adams et al. 2009). Nous n'avons malheureusement pas pu procéder à des observations à l'aide d'un appareillage microscopique en réflexion disposant par ailleurs de plus forts grossissements (Delgado 2008, Dubreuil 2004, Van Gijn 2001 a et b). Il faut préciser que cette méthode permet pour le moment d'identifier uniquement la dernière utilisation dans le cas de réemploi ou l'utilisation principale dans le cas d'outils plurifonctionnels. Rares sont en effet les cas où deux actions successives ont pu être mises en évidence grâce à l'identification d'une superposition de traces de nature et d'aspect différent.

Le Bassin parisien, en tant que bassin sédimentaire, fournit une grande variété de grès. Les outils macrolithiques du Néolithique ancien du Bassin parisien ont donc été aisément façonnés dans des grès d'origine locale, à partir de galets alluviaux et de blocs extraits (Hamon 2006). La granulométrie, la cohésion et la porosité des grès utilisés varient en fonction des étages géologiques et des affleurements correspondant ; ils proviennent de niveaux tertiaires du Cuisien, du Sparnacien ou encore du Thanétien. Les blocs sélectionnés pour l'expérimentation proviennent des vallées alluviales du Bassin parisien occupées au Néolithique ancien. Le choix a été fait de façon à coller au mieux avec les qualités de grès des exemplaires archéologiques. Nous n'avons cependant pas pu quantifier dans le cadre de ce protocole expérimental le rôle de la nature pétrographique du support dans la formation des traces d'usure (Procopiou et al. 1998).

En revanche, notre protocole expérimental a permis de comparer différentes qualités de grès entre elles et différentes matières d'œuvre transformées à des fins alimentaires ou plus artisanales. Il a été élaboré sur la base de durées d'utilisation et de qualités de grès équivalentes pour chacun des modes d'action testé (mouture, broyage, friction, abrasion/polissage).

Comme nous le verrons, si l'outillage macrolithique ne constitue pas un marqueur chronologique fin au même titre que la céramique ou l'industrie lithique qui évolue rapidement dans le temps, il permet pourtant de souligner les dynamiques évolutives à l'œuvre à une échelle supra-culturelle. À partir du Rubané récent, on observe ainsi sur les marges occidentales de la sphère rubanée une transformation des techniques de préparation des céréales : abandon d'un type de molette à l'arrivée du Rubané en Bassin parisien (Hamon 2008b), diversification des techniques de transformation des céréales au Villeneuve-Saint-Germain et apparition du blé tendre-compact (froment) à la fin de la séquence (Dietsch-Sellami 2004). Ces changements des habitudes et pratiques alimentaires pourraient traduire des modifications culturelles plus profondes dans les sociétés agricoles des débuts du Néolithique en Europe nord-occidentale.

DONNÉES ARCHÉOLOGIQUES

Le contexte et le corpus archéologique

P0/1 Les 261 outils macrolithiques analysés proviennent de 3 sites datés du Rubané récent du Bassin parisien (RRBP ; 5100-4900 BC) pour 96 pièces de 4 sites Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain (BVSG ; 4900-4700 B.C.) pour les 165 restantes

Les 261 outils macrolithiques ont été sélectionnés au sein d'un corpus de 1170 outils macrolithiques mis au jour lors des fouilles d'une vingtaine de sites répartis entre les vallées de l'Aisne, de l'Oise, de l'Eure, de la Seine et de l'Yonne (Hamon 2006). Les trois sites correspondant au Rubané récent du Bassin parisien (5100-4900 B.C) sont localisés dans la vallée de l'Aisne (Dubouloz 2003 ; Constantin et Ilett 1997). Il s'agit des sites de Cuiry-lès-Chaudardes "les Fontinettes" (33 unités d'habitation ; Ilett et Hachem 2001), Berry-au-Bac "le Vieux Tordoir" (8 unités d'habitation ; Allard et al.1995) et Bucy-le-Long "la Fosselle" (10 unités d'habitation ; Hachem et al. 1998). Les quatre sites correspondant au Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain (4900-4700 B.C.) sont situés dans les vallées de l'Aisne et de la Marne (Constantin 1985 ; Lanchon 2008). Il s'agit des sites de Bucy-le-Long "la Fosse Tounise" (4 unités d'habitation ; Ilett et al.1995), Bucy-le-Long "le Fond du Petit Marais" (8 unités d'habitation ; Constantin et al.1995), Trosly-Breuil "les Obeaux" (au moins 5 unités d'habitation ; inédit) et Jablines "la Pente de Croupeton" (2 unités d'habitation ; Lanchon et al. 1991).

Carte de répartition des sites rubanés, Villeneuve-Saint-Germain et Cerny étudiés dans le Bassin parisien et localisés dans les vallées de l'Aisne, de l'Eure, de l'Oise, de la Seine et de l'Yonne (1. BLRE= Balloy "les Réaudins" ; 2. BVT= Berry-au-Bac "le Vieux Tordoir" ; 3. BFM= Bucy-le-Long "le Fond du Petit Marais" ; 4. BLF= Bucy-le-long "la Fosselle" ; 5. BFT= Bucy-le-Long "la Fosse Tounise" ; 6. CCF= Cuiry-lès-Chaudardes "les Fontinettes" ; 7. ELBE= Etigny "le Brassot-est" ; 8. GLGC=Gurgy "les Grands Champs" ; 9. JPC= Jablines "la Pente de Croupeton" 10. Juvigny "les Grands Traquiers" ; 11. Larzicourt "Ribeaupré" ; 12.Larzicourt "Champ Buchotte" ; 13. MSM=Monéteau "Sur Macherin" ;14. Passy "Sablonnière" ; 15. PFR= Pontpoint "le Fond de Rambourg" ; 16. PSM= Poses "Sur la Mare" ; 17. RTH= Tinqueux "la Haubette" ; 18. TBO=Trosly-Breuil "les Obeaux" ; 19. VPB= Vignely "la Porte aux Bergers" ; 20. VLG= Villeneuve-la-Guyard "les Falaises de Prépoux" (d'après Hamon 2006)

P0/2 Toutes les catégories d'outils macrolithiques, en proportions variables, sont généralement associées à chacune des maisons

Les outils macrolithiques ont généralement été retrouvés en position de rejet, soit dans des fosses détritiques qui longent les maisons de type "danubien", caractéristiques du Néolithique ancien du bassin parisien (maisons de plusieurs dizaines de mètres de long regroupées dans le fond des vallées alluviales (Coudart 1998; Moddermann 1970), soit dans des fosses proches de l'habitat ou dans des silos. Ces outils sont souvent fracturés plus ou moins volontairement et présentent parfois des traces de chauffe (Hamon et Milleville 2006). Certains couples de meules et molettes entières sont parfois regroupés volontairement selon une disposition codifiée (cercle, empilement) (Hamon 2008, Jadin 2003).

Plan schématique d'une maison de type "danubien" orientée vers l'est avec ses fosses latérales au nord et au sud

P0/3 L'économie des populations rubanées et Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain du Bassin parisien repose principalement sur l'agriculture et la consommation de plantes cultivées (céréales, légumineuses, fruits et autres)

L'économie des agriculteurs rubanés repose sur l'élevage de bovidés, caprinés et suidés (Hachem et Bedault 2008) et sur la culture de céréales, de légumineuses et de quelques autres espèces végétales plus rares comme le pavot (Papaver somniferum) et le lin (Linum usitatissimum) (Bakels 1985, 1999 et 2008, Dietsch-Sellami 2004). Les céréales sont le blé-amidonnier (Triticum diccocum), l'engrain (Triticum monococcum) et l'orge (Hordeum vulgare var. nudum). Au Rubané, cette dernière est mieux représentée dans le Bassin parisien que dans les régions plus orientales. En effet, si, au Rubané, les céréales vêtues, toutes catégories confondues, dominent à l'Ouest du Rhin (Heim et Jadin 1998), l'orge nue, en revanche, a totalement supplanté l'orge vêtu, cultivé traditionnellement par les populations rubanées d'Europe centrale (excepté sur le site très occidental de Colombelles ; Dietsch-Sellami 2004). Pour les légumineuses, il s'agit de la lentille (Lens culinaris) et surtout du pois (Pisum sativum). A partir des seules analyses carpologiques, il reste délicat de discuter de la part exacte de chacune de ces espèces dans les espaces cultivés d'une part et dans l'alimentation d'autre part.

1. Engrain - Triticum monococcum (d'après Zohary et al. 1993) ; 2. Amidonnier - Triticum diccocum (d'après Schieman 1948)

P0/4 Au VSG, apparaissent des objets de parure en schiste et en calcaire de même qu'un outillage perforant sur os façonné par abrasion

Les objets de parure en coquillage et calcaire sont largement façonnés par abrasion et polissage dés le Rubané. A partir du VSG, la fabrication des anneaux en schiste met en œuvre de nombreuses techniques (raclage, rainurage,etc) dont le polissage (Bonnardin 2003, Burnez-Lanotte et al. 2005, Fromont 2008, Praud 2002), tandis que les outils perforants et les pendeloques en os et bois animaux sont également débités et façonnés par abrasion (Sidera 2000). Ces nouveautés s'accompagnent d'autres transformations dans le domaine technique. Au RRBP, la céramique est dégraissée à la chamotte, la coquille pilée et à l'os calciné pilé pour la céramique du Limbourg, tandis qu'au VSG l'os calciné pilé devient prépondérant. Dans le domaine lithique, la production de lames par percussion indirecte caractéristique du RRBP laisse place au VSG à une production croissante d'éclats obtenus par percussion directe (Allard 2005, Augereau 2004, Bostyn 2003).

Exemples d'objets dont la chaîne opératoire de transformation nécessite le recours à un outil macrolithique (polissoir, meule)

Caractérisation morpho-techniques des outils macrolithiques

P0/5 Les outils de broyage RRBP et VSG comprennent des meules et des molettes de formes et dimensions variées

Les outils de broyage sont constitués de 107 meules et molettes, entières ou fragmentaires ; 58 d'entre elles (fragments et éclats de façonnage ou de ravivage) n'ont pu être attribués à l'une ou l'autre des catégories (meules ou molettes). Ces outils ont été fabriqués à partir de grès compact à quartzitique majoritairement locaux. Meules et molettes appartiennent à un même type de moulin dit à molette courte (longueur de la molette inférieure à la largeur de la meule) et meule plano-concave. On notera l'absence des molettes de type débordant (longueur de la molette supérieure à la largeur de la meule) présentes dans d'autres zones de la sphère rubanée (Pavlu 2000, Zimmermann 1988).

Couple meule-molette Villeneuve-Saint-Germain, TBO

Trois groupes de dimensions moyennes des couples de meules et molettes sur les sites d'habitats rubanés et VSG du Bassin parisien

Dimensions des meules et molettes (Longueur et largeur en cm) (d'après Hamon 2006)

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Meules

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Meules

Les meules sont des outils en grès compacts ou quartzitiques, de forme quadrangulaire ou ovalaire. Leurs bords et dos sont façonnés par épannelage et régularisés ensuite par piquetage. Leurs surfaces actives plano-concaves sont avivées par un fin piquetage de préparation. Elles mesurent entre 20 et 45 cm pour 10 à 25 cm de large. Elles se répartissent en 3 catégories morphométriques: - meules mesurant en moyenne 30 x 15 cm - meules mesurant en moyenne 35x22 cm - meules mesurant en moyenne 40x22 cm

Meule rubanée, BVT - dépôt de meule (dessin : C. Hamon)

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Meules

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Molettes

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Molettes

Les molettes sont des outils en grès compacts ou quartzitiques, de forme quadrangulaire ou ovalaire. Leurs bords et dos sont façonnés par épannelage et régularisés ensuite par piquetage ou polissage. Leurs surfaces actives plano-convexes sont avivées par un fin piquetage de préparation. Elles mesurent entre 8 et 25 cm de long pour 5 à 15 cm de large. Elles se répartissent en 3 catégories morphométriques: - molettes mesurant en moyenne 10x8 cm - molettes mesurant en moyenne 18x12 cm - molettes mesurant en moyenne 23x12 cm

Molette rubanée, BVT - dépôt de meule (dessin : C. Hamon)

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Molettes

P0/6 Les outils de percussion RRBP et VSG analysés sont exclusivement composés de broyons

Les broyons, au nombre de 21, sont des outils en grès quartzitiques, de forme circulaire à sphérique. Ils présentent une tranche finement percutée et au moins une face polie consécutive d'un mouvement de broyage circulaire. Ils peuvent être utilisés sur des meules, des mortiers ou tout autre type de tables de broyage.

Broyon, BFT

P0/7 Les outils de friction RRBP et VSG analysés sont exclusivement composés de molettes dites "de friction"

Les molettes de friction, au nombre de 13, sont des outils en grès de qualités diverses, de formes parallélépipédiques à ovoïdes. Leurs dimensions sont variables. Elles sont grossièrement mises en forme par détachement d'éclats périphériques et présentent un dos aisément préhensible. Leurs faces plano-convexes et arêtes polies montrent que ces molettes de friction ont été utilisées comme outil actif, selon un geste multidirectionnel, en percussion posée diffuse linéaire ou circulaire. Elles peuvent être utilisées avec ou sans outil dormant, sur support dur à semi-dur.

Molette de friction, BFT (dos ocré)

P0/8 Les outils de polissage/abrasion RRBP et VSG sont composés de trois catégories de polissoirs/abraseurs : dormants, à main et à rainure

Les polissoirs (ou abraseurs) assurent le débitage, le façonnage et la finition d'objets en matières minérales ou animales par abrasion (enlèvement de matière) ou polissage (régularisation et lustrage). Au nombre de 60, ils incluent 1 polissoir dormant, 5 polissoirs à main, 38 polissoirs à rainures et 16 autres polissoirs, entiers ou fragmentaires, de type indéterminé. Les polissoirs ont des formes et des dimensions variées. Les polissoirs à main et à rainures peuvent être utilisés à la fois comme percutant (agissant sur l'objet à abraser ou polir) ou comme répercutant (l'objet à abraser ou polir est mû sur le polissoir).

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Polissoirs/abraseurs dormants

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Polissoirs/abraseurs dormants

Les polissoirs dormants ou "à plage" sont, comme leur nom l'indique, des outils dormants de grandes dimensions en grès le plus souvent quartzitiques. Ils présentent des plages plano-concaves de polissage uniforme sur une ou plusieurs de leurs faces.

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Polissoirs/abraseurs dormants

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Polissoirs/abraseurs à main

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Polissoirs/abraseurs à main

Les polissoirs à main sont des outils en grès de faible cohésion de formes plus ou moins quadrangulaires. Leurs dimensions, et notamment leur épaisseurs, sont réduites. Ils tiennent généralement dans une main. Ils présentent une plage de polissage sur au moins une de leur face. Leur section plano-concave est une conséquence directe de la déformation liée à l'usage.

Polissoir à main et à rainure, BFT

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Polissoirs/abraseurs à main

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Polissoirs/abraseurs à rainure

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Polissoirs/abraseurs à rainure

Les polissoirs à rainures sont des outils en grès grossier peu cimenté, généralement de petites dimensions. De formes variables, ils se caractérisent par la présence d'une rainure de quelques centimètres de long et de 1 à 2 cm de large, formée au fur et à mesure de l'utilisation.

Polissoir à rainure, BLF

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Polissoirs/abraseurs à rainure

Traces d'usure observées

P0/9 Six meules et trois éclats de meules présentent des traces d'usure identifiables

- Quatre meules ainsi que les trois éclats portent les traces d'une usure couvrante, avec des grains minéraux aux arêtes émoussés aux faces altérées et aux contours nets. Les anfractuosités sont intactes ou présentent des grains minéraux quasi jointifs ; - Une meule présente une usure couvrante, avec des grains minéraux aux arêtes émoussés aux faces altérées et aux contours nets, et une pellicule en surface ; - Une meule porte des traces d'usure, caractérisées par la préservation des faces lisses des grains minéraux et de leurs contours nets. L'arasement des surfaces est attesté et les anfractuosités ne portent pas de traces d'usure particulières.

Meule BLF, poli de céréales x25

Meule (fragment) TBO, poli de broyage graines et glumes x48

P0/10 Trente-six molettes sur trente-neuf présentent des traces d'usure identifiables

- Vingt-et-une molettes portent des traces d'usure couvrante, avec des grains minéraux aux arêtes émoussés aux faces altérées et aux contours nets. Les anfractuosités sont intactes ou présentent des grains minéraux quasi jointifs ; - Neuf molettes portent une usure couvrante, avec des grains minéraux aux arêtes émoussés aux faces altérées et aux contours nets, et une pellicule en surface ; - Quatre molettes portent des traces d'usures, caractérisées par la préservation des faces lisses des grains minéraux et de leurs contours nets. L'arasement des surfaces est attesté et les anfractuosités sont intactes ; deux d'entre elles présentent des grains minéraux aux arêtes émoussés ; - Deux molettes portent des traces d'usures caractérisées par des grains minéraux aux arêtes émoussés aux contours nets et aux faces altérées ayant subi un fort arasement. Les grains minéraux sont jointifs et portent très fréquemment une pellicule sur leurs faces.

Molette JPC, poli de céréales indéterminé x30

Molette, CCF poli de broyage graines et glumes x50

Molette TBO, poli de broyage de matière dure animale x15

P0/11 Six broyons sur vingt-et-un présentent des traces d'usure identifiables

Si les traces de 15 pièces n'ont pu être identifiées, celles des 6 autres pièces ont les caractéristiques suivantes : 1) surface avec grains minéraux aux arêtes émoussées, aux faces altérées et aux contours nets, accompagnés d'un écrêtage des grains minéraux qui tendent à se confondre les uns avec autres (3 pièces) ; 2) surfaces arasées et anfractuosités intactes, faces lisses des grains minéraux avec des contours nets (2 pièces dont l'une présente de surcroît des grains minéraux aux arêtes émoussés) ; 3) grains minéraux, jointifs avec pellicule sur la plupart des faces, aux arêtes émoussées, aux contours nets et aux faces altérées ayant subi un fort arasement (1 pièce).

Broyon BFT, poli de broyage de matières animales dures + ocre x50

Broyon BFT, poli de broyage de matières minérales + ocre x50

Broyon BVT, poli de broyage de matière végétale x63

P0/12 Onze molettes de friction sur treize présentent des traces d'usure identifiables

- Quatre molettes de friction présentent des traces d'une usure couvrante, avec des grains minéraux aux arêtes émoussés aux faces altérées et aux contours nets, et des anfractuosités intactes pouvant présenter des grains minéraux jointifs ; - Une molette de friction porte des traces d'usure caractérisées des grains minéraux aux arêtes émoussées, aux faces altérées et aux contours nets, accompagné d'un écrêtage des grains minéraux qui tendent à se confondre les uns avec les autres ; - Trois molettes de friction présentent des traces d'usures caractérisées par des grains minéraux aux arêtes émoussés aux contours nets et aux faces altérées ayant subi un fort arasement. Les grains minéraux sont jointifs et portent très fréquemment une pellicule sur leur faces ; - Une molette de friction présente des grains minéraux aux arêtes émoussés avec une forte densité de microfractures ; - Deux molettes de friction présentent des traces d'usures caractérisées par la préservation des faces lisses des grains minéraux, et de leurs contours complètement émoussés. L'arasement des surfaces est attesté et les anfractuosités sont intactes.

Molette de friction BVT, poli de matière minérale tendre x30

Molette de friction BVT, poli de matières animales x50

Molette de friction JPC, poli de matière végétale x40

P0/13 Les cinq polissoirs à main présentent des traces d'usure identifiables

- Quatre polissoirs à main présentent des traces d'usure caractérisées par des grains minéraux altérés bien individualisés, ayant subi un arasement des surfaces sans affecter les anfractuosités ; - Un polissoir à main porte des traces d'usure caractérisées par un arasement des surfaces, des grains minéraux anguleux et bien individualisés avec des anfractuosités intactes.

Polissoir à main BFT, poli de matière animale dure x50

Polissoir à main BLF, poli de matière minérale x50

P0/14 Un polissoir à rainure sur trente-huit présente des traces d'usure identifiables

Ce polissoir porte des traces d'usure caractérisées par un émoussé prononcé des arêtes des grains minéraux. Cependant, la nature du matériau (grès grossier) ne favorise pas la lecture de ces traces du fait du renouvellement quasi automatique des grains minéraux.

DONNÉES EXPÉRIMENTALES ET CARACTÉRISATION DES TRACES D’USURE

Mouture des céréales (avec meules et molettes)

P0/15 Le broyage de blé tendre engendre une surface arasée avec des grains minéraux aux arêtes arrondies à émoussées et aux faces altérées, et tend à développer une pellicule comblant les anfractuosités

Du blé tendre a été moulu pendant 4h30 à l'aide de deux couples de meules et molettes. Le premier couple d'outils est en grès quartzitique tandis que le second groupe est en grès tendre. Les deux meules et molettes ont été façonnées par détachement d'éclats et régularisées par piquetage. La meule en grès quartzitique présente une surface active plano-concave et une molette de forme quadrangulaire et de surface active plane. La meule en grès compact présente une surface active plano-convexe et une molette de forme ovalaire de section plano-convexe. Le rythme suivi correspond à environ 3 ou 4 poignées de grains de blé pour 30 minutes de travail, soit environ 100 g de farine par heure.

P0/16 Le broyage d'orge vêtue engendre une surface arasée avec des grains minéraux aux faces lisses et aux contours nets

De l'orge vêtue a été décortiquée et moulue pendant 4h30 à l'aide des deux couples de meules et molettes (cf. P0/15).

Geste de mouture de grains d'orge vêtu à l'aide d'une meule expérimentale en grès

Molette 1, poli d'orge vêtu après 4h30 d'utilisation x5

Molette 1, poli d'orge vêtu après 4h30 d'utilisation x20

Molette 1, poli d'orge vêtu après 4h30 d'utilisation x40

P0/17 Le broyage d'épeautre engendre une surface peu altérée avec des grains minéraux encore assez anguleux

De l'épeautre a été décortiqué et moulu pendant 4h30 à l'aide des deux couples de meules et molettes (cf. P0/15).

Geste de décorticage d'épillets d'épeautre à l'aide d'une meule expérimentale en grès

Molette 2, poli d'épeautre (épillets) après 4h30 d'utilisation x5

Molette 2, poli d'épeautre (épillets) après 4h30 d'utilisation x 20

Molette 2, poli d'épeautre (épillets) après 4h30 d'utilisation x50

P1/1 Les traces d'usures varient selon le caractère nu ou vêtu de la céréale broyée

Le broyage de blé tendre, d'orge vêtue et d'épeautre a permis de différencier les traces obtenues pour le décorticage de céréales (grains et glumes) ou le broyage de grains de céréales vêtues (grains et glumelles) du broyage de céréales nues (grains uniquement). Dans tous les cas, on observe un fort arasement des surfaces. Tandis que le broyage de grains nus tend à émousser fortement les grains et à altérer leurs faces, le broyage de grains et de leurs glumes (orge ou épeautre vêtu) tend à préserver leur angularité initiale. Le broyage des grains nus engendre la formation d'une pellicule dans l'espace intergranulaire alors que la transformation de grains vêtus tend à préserver cet espace.

Broyage et concassage (avec broyons) des matières végétales, minérales et animales

P0/18 Le broyage et le concassage de différentes matières végétales (légumineuse, plante aromatique et oléagineuse) conservent une surface avec des grains minéraux nets et bien individualisés

Des lentilles, des plantes aromatiques et des noix ont été broyées pendant 1h par un broyon-percuteur (plusieurs faces d'un même bloc) sur une table de travail non façonnée en grès compact. Les traces d'utilisation sont différentes de celles obtenues par le broyage des céréales. Elles sont particulièrement ténues concernant les plantes à chlorophylle notamment.

Geste de broyage/concassage de noix sur un mortier expérimental

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Plantes aromatiques

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Plantes aromatiques

L'écrasement et le déchirement de plantes aromatiques libèrent un jus qui protège la surface de la table de broyage. La répétition du geste de percussion posée circulaire crée néanmoins un écrêtage de certaines aspérités.

Broyon expérimental, broyage de plantes aromatiques après une heure d'utilisation x40

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Plantes aromatiques

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Lentilles

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Lentilles

Le travail des lentilles relève plus du concassage grossier que d'un réel broyage. Cette action se remarque par l'aspect mat très prononcé qu'elle confère à la surface. Les déformations de surface trop ténues ne nous semblent cependant pas réellement significatives.

Broyon expérimental, broyage de lentilles après une heure d'utilisation x40

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Lentilles

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Noix ou noisettes

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Noix ou noisettes

Le broyage de noix ou de noisettes engendre une pellicule grasse qui semble d'une certaine manière protéger la surface. Un poli de texture fluide se forme au sommet des plateaux du microrelief du broyon.

Broyon expérimental, broyage de noix après une heure d'utilisation x40

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Noix ou noisettes

P0/19 Le broyage et le concassage de matières minérales dures (chamotte, silex) engendrent une surface arasée avec des grains minéraux nets, bien individualisés aux faces microfracturées

Des matières minérales dures ont été broyées pendant deux heures par un broyon en grès quartzitique sur une table de travail en grès compact. La réduction en petites fractions de ces matières minérales a été obtenue par une action alternative de concassage (percussion lancée) et de broyage (percussion posée).

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Chamotte

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Chamotte

Le geste mesuré et circonscrit sur une surface de dimensions réduites a permis une réduction des fragments de céramique en fractions de moins de 5 mm. De nombreux impacts plus ou moins grossiers sont également visibles en surface de la table de broyage et du broyon.

Geste de concassage expérimental de chamotte à l'aide d'un broyon sur une enclume

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Chamotte

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Silex

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Silex

Lors du concassage, le silex se brise en petits morceaux de granulométrie hétérogène. Les traces obtenues sont variables d'une zone à l'autre, et associent des impacts de percussion à des plages émoussées.

Surface active du broyon expérimental utilisé pour le silex brûlé

Broyon expérimental, concassage de silex après deux heures d'utilisation x40

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Silex

P0/20 Le broyage et le concassage des matières minérales tendres (argile sèche, colorant) engendre une surface arasée avec des grains minéraux aux arêtes émoussés et aux faces microfracturées

Des matières minérales tendres ont été broyées pendant deux heures par un broyon en grès fin très compact sur une table de travail en grès compact.

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Argile sèche

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Argile sèche

Le broyage de l'argile sèche s'est avéré rapide et efficace pour la débarrasser de ses particules et nodules contaminants. Cependant, l'argile adhérente à la surface de travail a significativement amorti le geste de broyage. Ceci explique très certainement la fugacité des traces de percussion lancée liées au travail de l'argile.

Geste de concassage expérimental d'argile

Enclume expérimentale, broyage d'argile après deux heures d'utilisation x50

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Argile sèche

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Colorant minéral

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Colorant minéral

Contrairement à l'hématite pure, l'ocre et les argiles colorantes se transforment très facilement en poudre en raison de leur très faible cohésion. Ces matériaux créent une forte microfracturation en surface des grains minéraux.

Geste de concassage expérimental de colorant

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Colorant minéral

P0/21 Le broyage et le concassage de la matière animale dure (os) engendrent une surface arasée avec des grains minéraux nets et bien individualisés, aux faces altérées et recouvertes d'une pellicule

Des matières animales dures (os brûlé) ont été broyées pendant deux heures par un broyon en grès quartzitique sur une table de travail en grès compact. Après un premier geste de concassage des os en percussion lancée, les parties d'os calciné s'écrasent particulièrement bien et peuvent être réduites en très fine fraction par broyage.

Surface active du broyon expérimental utilisé pour l'os brûlé

Broyon expérimental, broyage d'os brûlé après deux heures d'utilisation x40

P1/2 Les traces d'usure liées au broyage/concassage varient selon la dureté et la nature du matériau d'oeuvre (minérale, végétale, animale)

L'intensité des traces engendrées par les actions de broyage et de concassage est plus ou moins proportionnelle à la dureté des matières concassées et broyées. Le broyage de matière minérale préserve ainsi les espaces intergranulaires mais altèrent plus ou moins fortement les faces des grains jusqu'à leur complète microfracturation pour les matériaux les plus durs. Le broyage des matières animales dures préserve les grains mais altère de manière caractéristique leurs faces. Le broyage de végétaux semble, lui, peu altérer les grains et la microtopographie ; les traces laissées sont ténues par rapport aux autres substances. Si une longue durée de broyage aurait certainement produit des traces plus significatives, ceci nous permet de souligner la difficulté de détecter l'existence d'une telle utilisation à partir d'outils archéologiques.

Assouplissement (avec molettes de friction)

P0/22 Le travail de la matière animale souple (peau) engendre une surface fortement arasée avec des grains minéraux aux arêtes émoussés, individualisés, et aux faces microfracturées

Des molettes de friction en grès de compaction moyenne ont été utilisées pour le traitement de quatre parties distinctes d'une peau de bœuf. Elles ont servi à différentes étapes du traitement (écharnage partiel, écharnage total, assouplissement) et avec différents adjuvants (ocre, cendre, graisse) pour des durées à chaque fois inférieures à une heure. L'ajout d'un adjuvant peut modifier sensiblement les caractéristiques des traces d'usure.

Molettes de friction avant utilisation pour l'assouplissement expérimental d'une peau

Traitement d'une peau de bœuf par quart : assouplissement après écharnage incomplet, assouplissement après application d'ocre, assouplissement après écharnage complet, assouplissement après application de cendre

Geste d'assouplissement expérimental d'une peau sur support semi-rigide (terre herbeuse) (cliché A. Lo Carmine)

Molette de friction expérimental, écharnage et assouplissement d'une peau fraîche après 45 minutes d'utilisation x 35

Abrasion (avec abraseurs) des matières végétales, minérales et animales

P0/23 L'abrasion de matières végétales ligneuses (bois) engendre une surface peu arasée, avec des grains minéraux bien individualisés et peu altérés, aux contours légèrement émoussés

Des matières végétales ligneuses (bois) ont été abrasées pendant 1h. Deux baguettes de bois d'une trentaine de centimètres, l'une sèche et l'autre encore verte, ont été écorcées avant d'être régularisées par abrasion longitudinale sur une plaque de grès quartzitique de cohésion moyenne.

Geste de polissage expérimental d'une baguette de bois sec

Abraseur expérimental, régularisation de bois sec après une heure d'utilisation x50

P0/24 L'abrasion de matières minérales tendres (schiste) engendre une surface avec des grains minéraux bien séparés, aux faces opaques

Des matières minérales tendres (schiste) ont été abrasées pendant 1h sur une plaque de grès quartzitique de cohésion moyenne. Le travail du schiste crée une poussière importante qui se transforme en pâte abrasive lorsqu'on ajoute de l'eau. L'abrasion crée des surfaces très régulières.

Geste de polissage expérimental d'un fragment de schiste avec ajout d'eau

Abraseur expérimental, façonnage de schiste avec ajout d'eau après 30min d'utilisation x 40

P0/25 L'abrasion de matières minérales tendres (calcaire) engendre une surface avec des grains minéraux émoussés, quasi jointifs, formant de véritables plateaux

Des matières minérales tendres (calcaire) ont été abrasées pendant 30 minutes sur une plaque de grès quartzitique de cohésion moyenne. Deux types de calcaire ont été testés : du calcaire de craie assez induré et du calcaire oolithique plus poudreux.

Geste de polissage expérimental d'un fragment de calcaire

Abraseur expérimental, façonnage de calcaire de craie après une heure d'utilisation x 40

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Calcaire de craie

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Calcaire de craie

L'abrasion du fragment de calcaire de craie se traduit par une élimination des aspérités puis par un lissage d'homogénéisation des surfaces.

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Calcaire de craie

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Calcaire oolithique

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Calcaire oolithique

Le calcaire oolithique réagit par écrêtage des éléments qui le constituent et s'arase très rapidement. Les grains minéraux sont fortement arasés et recouverts d'une pellicule sur leurs faces.

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Calcaire oolithique

P0/26 L'abrasion des matières animales dures (os, bois de cerf) engendre une surface avec des grains minéraux aux arêtes arrondies à émoussées, aux faces altérées

Os et bois de cerf ont été abrasées pendant 1h sur une plaque de grès quartzitique de cohésion moyenne. Ces matières ont été travaillées successivement sèches et fraîches (ou retrempées).

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Os

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Os

Une plaquette a été extraite d'un fémur encore frais tandis que des poinçons en os ont été grossièrement débités par fracturation sur des métapodes de bœuf frais et secs. Si l'abrasion sur os frais crée de véritables facettes qui augurent autant de modifications morphologiques, l'os sec réagit beaucoup mieux aux opérations de polissage. Les traces obtenues se caractérisent essentiellement par un émoussé progressif du contour des grains minéraux.

Geste de polissage expérimental d'une pointe en os

Abraseur expérimental, façonnage d'os sec après une heure d'utilisation x50

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Os

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Bois de cerf

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Bois de cerf

Deux pointes d'andouiller en bois de cerf ont été abrasées. L'une d'elle a subi un trempage d'une dizaine de jours. Elles montrent assez rapidement des déformations morphologiques. La surface active de l'abraseur s'est creusée assez rapidement par comparaison avec les autres matériaux. Les traces obtenues se caractérisent par une très faible altération des faces des grains minéraux, et une préservation des anfractuosités.

Geste de polissage expérimental d'une pointe fraîche d'andouiller (bois de cerf)

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Bois de cerf

P1/3 Les traces d'usures liées à l'abrasion varient selon la nature et la dureté du matériau d'œuvre (minéral, végétal ou animal)

D'une manière générale, les activités d'abrasion engendrent un fort arasement mécanique et une relative préservation des espaces intergranulaires. Aucun lissage n'est visible à cause de la nature friable du matériau. L'abrasion de matières minérales tend à émousser légèrement les grains, l'abrasion de matières animales dures engendre une forte altération des faces. Seule l'abrasion de matières végétales crée cette fois encore peu de traces significatives.

Polissage (avec polissoirs) des matières végétales, minérales et animales

P0/27 Le polissage des matières végétales ligneuses (bois) engendre une surface peu altérée avec des grains minéraux totalement jointifs

Des matières végétales dures (bois) ont été polies pendant 1h. Deux baguettes de bois d'une trentaine de centimètres, l'une sèche et l'autre encore verte, ont été écorcées avant d'être régularisées par abrasion longitudinale sur une plaque de grès quartzitique de forte cohésion. Le bois réagit au polissage par l'apparition d'un véritable lustre doux au toucher.

Polissoir expérimental, polissage de bois sec après une heure d'utilisation x40

P0/28 Le polissage de matières minérales dures (silex) engendre une surface fortement arasée avec des grains minéraux bien individualisés

Du silex, d'origine secondaire, a été poli pendant 8h. Les faces d'une ébauche de hache ont été alternativement polies sur deux polissoirs en grès compact à quartzitique selon un mouvement longitudinal.

Geste de polissage expérimental d'une hache en silex sur un polissoir à plage en grès

Polissoir expérimental, polissage de silex avec de l'eau après 8 heures d'utilisation x5

Polissoir expérimental, polissage de silex avec de l'eau après 8 heures d'utilisation x60

P0/29 Le polissage de matières minérales tendres (schiste) engendre une surface fortement arasée avec des grains minéraux recouverts d'une pellicule probablement due à un apport d'eau

Des matières minérales tendres (schiste) ont été polies pendant 1h sur une plaque de grès quartzitique de forte cohésion. Les surfaces se sont rapidement lissées.

Polissoir expérimental, polissage de schiste avec de l'eau après deux heures d'utilisation x 50

Polissoir expérimental, polissage de calcaire de craie après deux heures d'utilisation x 50

P0/30 Le polissage des matières animales dures engendre une surface fortement arasée avec des grains minéraux jointifs

Des matières animales dures (os, bois de cerf) ont été polies pendant 1h sur une plaque de grès quartzitique de forte cohésion.

Polissoir expérimental, polissage d'os frais après deux heures d'utilisation x50

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Os

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Os

Une plaquette a été extraite d'un fémur encore frais tandis que des poinçons en os ont été grossièrement débités par fracturation sur des métapodes de bœuf frais et secs. Si l'abrasion sur os frais crée de véritables facettes qui augurent autant de modifications morphologiques, l'os sec réagit beaucoup mieux aux opérations de polissage. Les traces obtenues se caractérisent essentiellement par des grains minéraux totalement jointifs et le dépôt d'une pellicule en surface des grains minéraux.

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Os

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Bois de cerf

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Bois de cerf

Deux pointes d'andouiller en bois de cerf ont été polies. L'une d'elle a subi un trempage préalable d'une dizaine de jours. Elles montrent assez rapidement des déformations morphologiques. Les traces obtenues se caractérisent par des grains minéraux bien individualisés dans le cas de l'andouiller retrempé, et des grains minéraux jointifs s pour l'andouiller sec.

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Bois de cerf

P1/4 Les traces d'usure liées au polissage varient selon le matériau d'œuvre (schiste, silex, bois, os et bois de cerf)

Le polissage crée un nivellement important des grains minéraux, dont les contours tendent à devenir jointifs. La structure même de la roche utilisée, très fine et homogène, explique la formation quasi systématique d'une pellicule superficielle, de grains minéraux contigus et d'aspérités planes. L'apport d'eau semble également contribuer au développement d'une pellicule superficielle. L'action de polissage semblerait donc prévaloir dans la formation des traces sur la nature des matériaux traités.

INTERPRÉTATIONS

Fonction des outils de broyage

P2/1 Les meules du Néolithique ancien ont servi à moudre des grains nus (3 pièces), à décortiquer ou à moudre des grains vêtus (4 pièces), et à broyer/concasser des matières minérales (1 pièce)

Compte tenu des traces d'usure observées sur les meules et celles reproduites expérimentalement, il apparaît que les meules ont eu diverses fonctions, les principales revenant à moudre des céréales nus, à moudre ou/et décortiquer des céréales vêtus. Ceci est compatible avec les pratiques alimentaires des populations du Rubané et du VSG.

Molette après 4h30 de décorticage de céréales x50 ; Molette après 4h30 de broyage grain nus x50

Grains de blé nu ou déjà décortiqué

Epillet d'épeautre après une première étape de décorticage (cliché : C. Hamon/A. Milleville/C. Schaal)

P2/2 Les molettes du Néolithique ancien ont servi à moudre des grains nus (11 grandes pièces), à moudre ou décortiquer des grains vêtus (9 petites pièces), à moudre des céréales (grains nus ou vêtus ?) (10 pièces), au broyage de matières minérales (4 pièces) et de matières animales dures (2 pièces)

Les traces observées compatibles avec celles reproduites expérimentalement permettent d'avancer que les meules ont essentiellement servi à transformer les céréales (nues ou vêtues). Les fonctions globales reconnues sont compatibles avec ce que l'on sait de l'économie des populations d'alors.

Rapport entre dimensions des molettes et fonction

P3/1 Les meules et molettes, essentiellement dévolues à la transformation des céréales, auraient servi soit à décortiquer ou moudre des grains vêtus, soit à moudre des grains nus

Deux hypothèses sont là encore envisageables. Il pourrait s'agir d'une dissociation stricte des étapes de transformation des céréales, avec d'un côté un décorticage ou broyage de céréales encore vêtues réalisé sur une meule et de l'autre une mouture des céréales effectuée sur un second outil. Il pourrait également s'agir d'outils dédiés à deux types de préparation alimentaire en vue de réaliser des "recettes" différentes en fonction des espèces de céréales transformées.

Meule présentant des indices techniques de réaménagement. D'après l'analyse tracéologique, elle a été réutilisée pour le broyage de matières dures animales

Broyage des céréales (mil) à la meule de pierre dans le village de Nintabougouro, pays Minyanka - Mali (cliché : C. Hamon et V. Le Gall)

Fonction des outils de percussion et de friction

P2/3 Les six broyons ont servi à broyer et à concasser des matières d'origine diverse : minérale, végétale (non céréalière) et animale

Trois broyons ont servi à broyer des végétaux (autre que des céréales), deux à broyer des matières minérales et une à broyer des matières animales dures.

Tableau d'attribution fonctionnelle des broyons et molettes de friction

P2/4 Les molettes de friction ont servi à travailler la peau (1pièce), à broyer des céréales selon un mouvement multidirectionnel (4 pièces) et à broyer/concasser diverses matières d'œuvre (végétale, animale et minérale) (six pièces)

Quatre molettes à une main ont servi à broyer des céréales (nu ou vêtu), un pour broyer des végétaux (autre que céréales), trois pour broyer/concasser des matières animales dures, et deux pour broyer/concasser des minéraux. Une seule molette à une main a servi à travailler des matières animales souples.

Tableau d'attribution fonctionnelle des broyons et molettes de friction

P3/2 Les outils de percussion et de friction sont des outils plurifonctionnels

Les outils de percussion et de friction, au regard de la variété des matériaux d'œuvre auxquels ils ont servi (céréales, autres végétaux, animales et minérales), témoignent d'une diversité d'usage et de fonctions. Ils présentent en outre une grande variété de localisation des plages de travail (tranches, faces, extrémités) et de traces d'utilisation (stries, polis, impacts de percussion).

Fonction des outils de polissage

P2/5 Les polissoirs ont eu des fonctions variées, liées probablement au façonnage et à la finition d'objets en matières animales dures ou minérales

Hormis le polissoir dormant sur lequel les traces d'usure restent indéterminées, les traces d'usure observées sur les polissoirs à main et le polissoir à rainure comparées à celles obtenus expérimentalement permettent de montrer que les polissoirs à mains ont servi à polir/abraser des matières animales dures (3 pièces) minérales (1 pièce) et le polissoir à rainure a servi à polir/abraser des matières minérales tendres.

Fragment de calcaire abrasé x5

Fragment de calcaire et de schiste abrasé x5

P3/3 A partir du VSG, les outils de polissage pourraient avoir servi au façonnage de nouveaux objets de la culture matérielle : objets de parure en schiste et outils en os

En fonction des traces observées sur les outils de polissage au VSG, compatibles à celles laissées par le travail de matière minérales et animales dures, et l'apparition, à partir de cette époque, d'objets de parure en schiste et en calcaire ainsi qu'un outillage en os perforant façonné par abrasion, les outils macrolithiques liés au polissage ont pu être utilisés pour façonner par abrasion des objets de parure en schiste et des outils en os, inexistants au Rubané où les outils susceptibles d'être abrasés sont seulement constitués de quelques outils en os et d'objets de parure en os, coquillage et calcaire.

Organisation socio-économique

P4/1 Une partie de l'outillage macrolithique est impliqué dans différentes chaînes opératoires de fabrication d'objets provenant de sites Néolithique ancien du Bassin parisien

L'analyse fonctionnelle des outils macrolithiques du Néolithique ancien du Bassin parisien démontre que ces outils étaient, entre autre, impliqués dans les chaînes opératoires de production des vases céramiques (dégraissant), de l'industrie osseuse, des objets de parure, des peaux, des poudres colorantes.

P5/1 Au Néolithique ancien dans le Bassin parisien, chaque maison serait au moins partiellement autonome sur le plan alimentaire comme sur le plan technique

Dans chacune des maisons des villages rubanés et VSG, des meules et/ou molettes utilisées pour la mouture des céréales sont présentes de même que des outils d'abrasion ou de polissage impliqués dans la fabrication d'objets de parure ou d'outils en os. En comparant avec les observations réalisées sur les autres catégories d'artefacts, il semble donc bien que chaque maison assurait au moins en partie sa propre production de farine et une partie de la production de son outillage. D'une maison à l'autre, les fortes variations de quantités d'outils de chaque catégorie (mouture ou abrasion) pourraient s'expliquer soit par des problèmes taphonomiques soit par l'intensité des activités de subsistance et de production artisanale pratiquées dans chaque maison. Si chaque unité d'habitation semble partager une même base économique, on doit envisager de possibles phénomènes de redistribution et d'échanges des denrées alimentaires ou des produits artisanaux en surplus entre maisonnées.

Évolution chronologique

P3/4 La comparaison entre le RRBP et le VSG montre que les molettes de friction utilisées pour le broyage de céréales selon un mouvement multidirectionnel apparaissent au VSG

Les molettes de friction sont utilisées selon une action de broyage multidirectionnelle voire circulaire, très différente du geste de broyage en va-et-vient effectué par la molette sur la meule rubanée.

P4/2 Au VSG, une partie des molettes de friction témoigne d'un nouveau mode d'action pour broyer des céréales

L'utilisation des molettes de friction pour le traitement des céréales semble être une caractéristique propre au VSG. Elle témoignerait d'une diversification des outils et donc des gestes associés au broyage des céréales entre le VSG et le Rubané.

P4/3 La comparaison entre le RRBP et le VSG montre que la proportion de meules et de molettes dévolues au décorticage ou au broyage de grains vêtus décroît entre le Rubané et le VSG tandis que la proportion d'outils de broyage dévolues à la transformation de céréales reste stable

Ceci pourrait s'expliquer de deux façons différentes : 1) les céréales nues (en l'occurrence l'orge) auraient été beaucoup plus moulues que les autres céréales (vêtues) à partir du VSG. Au Rubané, l'orge nue aurait pu servir uniquement à l'alimentation animale ou aurait pu être consommée non moulue dans le cadre d'une consommation humaine sous d'autres formes que farineuse (soupes, gruau etc) ; 2) les céréales vêtues auraient été plus systématiquement décortiquées avant leur mouture, augmentant ainsi le taux de grains nus broyés ensuite à la meule. Dans ce cas, le décorticage aurait été réalisé selon une technique indéterminée, mais excluant un décorticage sur meule de pierre. La proportion d'outils de broyage dévolue aux opérations de transformation des céréales reste en effet stable entre Rubané et VSG, malgré un léger changement dans les techniques utilisées pour leur décorticage/broyage. La part des légumineuses dans les spectres carpologiques reste également faible en regard de la part écrasante des céréales dans les assemblages (Bakels 1999, Dietsch-Sellami 2004).

P5/2 Entre le RRBP et le VSG, en dépit d'une alimentation céréalière stable, le traitement des céréales semblerait avoir été partiellement modifié

La diversification des outils, et donc des gestes, impliqués dans le broyage et/ou le décorticage des céréales à cette période de même que l'augmentation du broyage de céréales nues par les meules et molettes plaident en tous cas en ce sens. Ceci pourrait être interprété comme une modification d'une des étapes de traitement des céréales liée soit à l'introduction de nouvelles céréales à l'instar du blé tendre nu à la fin du VSG, soit à une modification des habitudes de consommation alimentaire (consommation des céréales mieux décortiquées par exemple).

Variété des espèces végétales cultivées, cueillies et consommées au Néolithique ancien dans le Bassin parisien

P6/1 A partir du VSG, l'outillage macrolithique témoigne de changements dans les domaines alimentaires et artisanaux

La diversification des modes de préparation alimentaire des céréales pourrait être liée à l'apparition de nouvelles techniques n'impliquant pas l'usage des meules. Quant aux techniques d'abrasion employées au Rubané, elles ont été mises à contribution au VSG pour la production de nouveaux objets. L'évolution technique au VSG s'appuierait donc complètement sur les fondements du système technique Rubané.

Chaque maison dispose d'une panoplie de vases, d'outils et de restes d'animaux relativement homogène d'une maison à une autre

Remerciements

Ce travail a été réalisé en collaboration avec les équipes archéologiques des vallées de l'Aisne et la Marne dans le cadre de travaux de thèse de l'Université de Paris I (INRAP Nord Picardie et Centre Île-de-France, UMR 7041 Protohistoire européenne). La publication d'une partie de ces résultats dans la revue Arkeotek a été réalisée grâce à une allocation de recherche post-doctorale de la région Île-de-France.

La réécriture de cet article a été réalisée en collaboration avec Marie-Laure Sénégas (projet ANR Corpus et Outils pour la Recherche).

Photographie et illustrations

© Caroline Hamon, sauf mentions contraires dans les légendes.

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