DU PRESTIGE À LA PROTO-INDUSTRIE : ÉVOLUTION DES PRATIQUES SIDÉRURGIQUES AU SECOND ÂGE DU FER DANS LE NORD DU BASSIN PARISIEN

DONNÉES ARCHÉLOGIQUESDONNÉES DE RÉFERENCESINTERPRÉTATIONS
[+] Contexte socioculturel[+] Les activités de réduction[+] Les activités de forge[+] Organisation des productions[+] Evolution chronologique des activités

DU PRESTIGE À LA PROTO-INDUSTRIE : ÉVOLUTION DES PRATIQUES SIDÉRURGIQUES AU SECOND ÂGE DU FER DANS LE NORD DU BASSIN PARISIEN

Sylvain BAUVAIS

post-doctorant, CRFJ - UMIFRE 7, UMR 5060 Métallurgies et Cultures, Belfort

sylvain.bauvais@utbm.fr

Pour citer cet articleBauvais S., 2008, « Du prestige à la proto-industrie : évolution des pratiques sidérurgiques au second âge du fer dans le Nord du Bassin parisien », The Arkeotek Journal, vol. 2,no 4, www.thearkeotekjournal.org.

Mots-clés

Bassin parisienmétallurgie du ferréduction du minerai de ferpost-réductionactivités de forgeÂge du ferLa Tèneétudes archéométriquesorganisation de l’artisanat

INTRODUCTION

L’apparition du fer dans le nord de l’Europe et plus particulièrement dans le nord de la France est une donnée fondamentale pour la compréhension des changements économiques et sociaux qui interviennent au cours des Ages des métaux. Ce matériau est en effet particulièrement efficace lorsqu’il est utilisé pour la fabrication d’outils artisanaux ou agricoles et dans l’élaboration de pièces d’armement. Or, comme c’est le cas pour la majorité des nouvelles « apparitions », celui-ci se cantonne dans un premier temps à des objets de prestige destinés aux élites. Cette nouvelle introduction n’est pas, par conséquent, une grande révolution en soi, et c’est son utilisation généralisée qui va introduire des bouleversements. Cette généralisation n’implique pas une fabrication locale des objets et encore moins la production primaire du fer (réduction du minerai). Ainsi, une domination sur la production et/ou la circulation de ce matériau semble représenter un enjeu important. C’est l’un des principaux arguments avancés pour caractériser l’émergence de certaines formes de pouvoirs centralisateurs de la fin du Hallstatt et de la fin de La Tène, mais jusqu’à présent aucune étude n’a réellement montré les relations entre pouvoir, production et changements sociaux.

Le nord du Bassin parisien intervient dans cette réflexion globale sur le rôle du fer dans la complexification des sociétés, en marge des centres politiques importants du premier Âge du fer. Ce secteur se trouve en effet, avant le 6e siècle, repoussé dans le second cercle de l’« économie-monde » méditerranéenne dans laquelle les « Principautés Celtiques » semblent être des entités intermédiaires et dominant les transactions (Brun 1993). Ce n’est qu’au 5e siècle (La Tène ancienne) que la Champagne vient dans une moindre mesure se substituer au nord-ouest des Alpes et que l’on voit apparaître une forme plus complexe de hiérarchisation sociale dans ce secteur. Au cours de La Tène moyenne et finale, les objets en fer vont se démocratiser jusqu’à devenir omniprésents peu de temps avant la conquête romaine. Cette période voit également l’apparition d’une forme d’organisation sociale complexe, matérialisée par l’émergence d’agglomérations où se concentrent des activités artisanales. Il s’agit des premiers phénomènes de mutation sociale, annonciateurs du grand bouleversement que va représenter l’émergence de l’État. À La Tène D, ces concentrations de population donneront naissance aux oppida (Brun 1995 ; Brun et al. 2000). Au cours de cette complexification majeure, le rôle du fer est interprété comme moteur. Il semble permettre un dégagement de surplus agricole et donner la possibilité à des communautés « urbaines » de se concentrer vers d’autres formes de production.

La zone géographique prise en compte est circonscrite entre la Meuse et la côte de la Manche et entre la Seine et la Somme. Elle peut se résumer par le terme de nord du Bassin parisien.

Du point de vue du potentiel sidérurgique, elle se caractérise par un très fort contraste. Certaines zones, connues pour leur exploitation sidérurgique précoce, en jouxtent d’autres caractérisées par une apparente absence de sites de réduction (absence de gîtes de minerai ?), n’impliquant en revanche pas l’absence de travail du fer. En effet, les matériaux et les connaissances circulent, et les activités de forge peuvent facilement s’affranchir des contraintes géologiques grâce à la circulation de demi-produits (lingots de fer). Un travail antérieur (Bauvais 2001), faisant une comparaison pour La Tène finale entre la Bohème, le sud de l’Angleterre et le nord de la France, semblait mettre en évidence que cette dernière région s’organisait de façon singulière, avec une concentration des activités de forge dans les sites de haut rang hiérarchique. La cause retenue était l’hétérogénéité de la répartition des gisements de minerai impliquant des régions quiproduisentdavantage de fer brut et des régions où seules des activités de transformation étaient présentes. Dans ce contexte, l’acquisition de demi-produits semblait ne pas être uniforme. Pour certains secteurs, la production était locale et la diffusion se faisait dans l’environnement proche. Pour d’autres, l’acquisition de la matière première était astreinte à un approvisionnement à moyenne ou longue distance depuis les régions productrices, l’enjeu de ce commerce conduisant à une domination des principaux pôles et circuits commerciaux.

Nos recherches ont porté sur un corpus de 88 sites liés à des activités sidérurgiques, soit par la présence d’activités productives, soit par celle de dépôts de matière première.

Face à ce corpus, nous avons principalement appliqué une méthodologie d’étude technologique, résultant des approches archéologiques et archéométriques, afin de déterminer les grandes lignes des chaînes opératoires (Fluzin 2002 ; Bauvais, Fluzin sous presse b). Dans ce contexte chronologique et géographique, nous avons tenté de reconstituer l’évolution de l’organisation des activités sidérurgiques sous leurs multiples formes (réduction, épuration, élaboration d’objet, entretien) en relation avec la complexification sociale s’opérant à cette période.

La sidérurgie et son organisation régionale formant un système complexe, nous l’avons également abordé selon d’autres axes, à la fois sociétal (économique, social et symbolique) et environnemental (ressources potentielles) (Butzer 1982 ; Bauvais, Fluzin sous presse b). Nous avons essayé de voir quelle pouvait être l’évolution des interactions entre élites sociales et activité productive et ce que cela induisait de l’organisation des réseaux d’acquisition / redistribution du fer (matière première et produits manufacturés) dans un espace géographique contrasté.

Nos résultats montrent, dans la limite des données disponibles, que dans un premier temps, au Hallstatt D3 / La Tène B2 (500-250 B.C.), l’ensemble des secteurs étudiés possède la même forme d’organisation. Là où les sites de production sont connus, ils sont implantés en dehors ou à proximité de l’habitat d’artisans qui produisent leur propre matière première de façon sporadique (Dunikowski et al. 2007) afin de fournir les élites sociales en biens de prestige. D’autres sites sont les lieux momentanés de forge d’artisans fournissant leur savoir-faire pour une commande. La production semble rester à l’échelon local et le recours à des importations parait important.

Pendant La Tène C1 / La Tène D1a (250-125 B.C.), les sites réducteurs fournissent un nombre croissant de sites de forge spatialement distincte de l’obtention primaire de la matière première (division des métiers) (Bauvais, Fluzin sous presse a). Les sites de forge sont néanmoins la résidence d’une élite qui détient un statut nouveau, basé sur les productions artisanales. La vocation de ces productions va désormais au-delà de la simple demande des élites et elles se diffusent au moins à l’échelle locale, voire régionale. Les activités d’entretien domestique semblent apparaître en même temps que l’utilisation plus large des outils agricoles en fer. L’importation de matière première semble représenter un apport non négligeable afin de subvenir à la demande croissante.

Enfin, au cours de La Tène D1b / D2b (125-30 B.C.) une séparation s’opère entre le sud-est de la zone étudiée (riche en minerai) et le reste des secteurs (spécialisation régionale). La réduction y est beaucoup plus intense et des sites spécialisés produisent une quantité de métal allant au-delà des besoins locaux. Parallèlement, certains sites (agglomération ouverte) transforment cette matière brute dans un but d’exportation à moyenne ou longue distance (proto-industrie). Pour le reste des secteurs, la production primaire (réduction) est faible. Dans le nord-est, l’épuration n’est connue que dans les oppida qui semblent être détenteurs d’un monopole sur cette activité. La consommation étant visiblement plus importante que la production locale, le commerce à longue distance semble prendre une importance encore plus grande que pour les phases précédentes.

Ainsi, en terme de relation entre les élites, la production et les réseaux d’échange, il semble que jusqu’à La Tène B2, les productions soient dirigées vers une classe dirigeante. Toutefois, cette domination n’implique pas qu’elle se soit exercée sur les artisans qui, du fait de leur faible nombre et de leur savoir-faire élevé, peuvent posséder un statut privilégié. Par la suite, le glissement vers une plus large consommation du fer à La Tène C1 indique une perte du pouvoir des élites sur la consommation, mais la formation des agglomérations ouvertes et l’apparition de « fermes productrices » montrent qu’une partie de l’élite possède une implication forte dans les productions. Pour la fin de La Tène finale, l’apparition des oppida est associée à un phénomène de mainmise sur les productions de fer brut (comme certaines agglomérations ouvertes). Les oppida semblent revêtir une importante fonction centralisatrice et redistributrice au-delà de leur fonction productrice. À leur échelle d’influence directe, ils assèchent les ressources brutes et à une plus large échelle, ils favorisent le commerce et l’importation de biens de prestige.

Ce travail est la ré-écriture logiciste d’une partie de la Thèse de doctorat de Sylvain Bauvais « Evolution de l’organisation des activités de forge dans le nord du Bassin parisien au second Âge du fer. Études pluridisciplinaires de la chaîne opératoire en métallurgie du fer », soutenue à l’université de Technologie de Belfort-Montbéliard en septembre 2007 sous la direction de Philippe Fluzin.

DONNÉES ARCHÉLOGIQUES

Corpus de site

P0/1 Le corpus comprend 88 sites du second âge du Fer, tous liés à des activités sidérurgiques, et se répartissant en 7 catégories

Cette étude porte sur 88 sites, répartis sur une zone géographique circonscrite d'est en ouest entre la Meuse et la Normandie, et entre la Seine au sud et la Somme au nord. Cette étude porte sur une période allant du Hallstatt D (début de la production locale) à la conquête romaine (changement d'échelle de production).

Localisation des sites pris en compte dans l'étude

Répartition des sites suivant leur catégorie

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Les établissements ruraux ouverts

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Les établissements ruraux ouverts

Ils représentent 8 sites sur les 88 pris en compte. Il s'agit des sites les plus délicats à interpréter du fait de leur espace ouvert et donc de la difficulté de rapporter une quantité de scorie à une superficie. Ils sont majoritairement datés du Hallstatt final/La Tène ancienne, voire du début de La Tène moyenne et représentent des sites à vocation principalement agricole.

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Les établissements ruraux ouverts

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Les établissements ruraux enclos

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Les établissements ruraux enclos

Ils représentent la majorité des sites étudiés avec 41 occurrences. Il s'agit également des sites les plus courants à partir de La Tène moyenne. Leur vocation est principalement agricole même si des activités artisanales peuvent s'y concentrer tout comme des activités cultuelles ou ostentatoires (banquets…).

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Les établissements ruraux enclos

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Les sites d'ateliers

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Les sites d'ateliers

Les sites d'atelier représentent 10 sites sur les 88 du corpus. Il s'agit de sites de production coupés de l'espace domestique. Il ne s'agit que de sites de réduction, aucun atelier de forge n'est connu en dehors d'un habitat.

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Les sites d'ateliers

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Les agglomérations ouvertes

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Les agglomérations ouvertes

Les agglomérations ouvertes sont au nombre de 9 sur les 88 sites du corpus. Il s'agit de sites qui regroupent un nombre d'individus beaucoup plus important que les sites ruraux habituels. Ces "bourgs" sont systématiquement le siège d'activités artisanales et commerciales (échanges locaux et à longue distance), même si leur organisation semble davantage se rapprocher d'une juxtaposition d'unités proches des établissements ruraux. Ces agglomérations apparaissent à La Tène C1.

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Les agglomérations ouvertes

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Les oppida

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Les oppida

Ils sont au nombre de 5 sur les 88 sites étudiés. Ils représentent de véritables villes encerclées d'une fortification et revêtent tous les attributs d'un centre décisionnel et centralisateur des ressources régionales. Les oppida apparaissent à La Tène D1b, soit dans la continuité d'une agglomération ouverte, soit ex nihilo sur un nouvel emplacement.

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Les oppida

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Les sanctuaires

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Les sanctuaires

Ils représentent 8 sites sur les 88 pris en compte. Ils ne représentent pas a proprement parler des sites de production, mais ils livrent une grande quantité d'objets métalliques "sacrifiés" dont des demi-produits et des outils de forgeron.

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Les sanctuaires

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Les sites indéterminés

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Les sites indéterminés

Les sites indéterminés représentent 7 des 88 sites étudiés.

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Les sites indéterminés

P0/2 Les sites comportent différents degrés d'érosion

Le degré d'érosion est représenté par un indice allant de 1 à 5. L'indice 1 correspond aux sites très faiblement érodés et dont au moins une partie des niveaux de sol est conservé. Le niveau 5 est quant à lui l'indicateur d'une très forte érosion tandis que le 3 correspond à une érosion "classique" des sites par l'exploitation agricole postérieure à leur abandon.

Tableau des indices d'érosion des sites pris en compte dans l'étude

P0/3 Les données des sites inventoriés sont de qualités variables, et sont classées dans 3 catégories

Suivant l'origine des données, leur pertinence ne peut pas être mise au même niveau dans l'analyse. Ainsi, trois types de données sont accessibles : les données bibliographiques provenant d'études réalisées par des non-spécialistes, celle réalisées par des spécialistes et celles issues d'une nouvelle étude du mobilier par nos soins.

Répartition des sites suivant la qualité de l'information disponible

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Les sites connus par bibliographie

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Les sites connus par bibliographie

Cela concerne 34 sites sur les 88 du corpus. Il s'agit des sites dont le mobilier n'est passé ni entre nos mains, ni entre celles d'un autre spécialiste de la métallurgie du fer. Ces données ne correspondent qu'à des remarques ou comptages sommaires de la part d'archéologues non-spécialistes et nécessitent, dans la plupart des cas, d'être réinterprétés (notamment dans le vocabulaire descriptif).

Listes des sites bibliographiques

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Les sites connus par bibliographie

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Les sites connus par bibliographie mais étudiés par des spécialistes

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Les sites connus par bibliographie mais étudiés par des spécialistes

Cela concerne 19 sites sur les 88 du corpus. Ces sites se rattachent à des régions spécifiques : à la confluence Seine/Yonne, au Sénonais, au Pays d'Othe ou à la région d'Evreux, correspondant aux études de Christophe Dunikowski et Sandra Cabboi. Les données publiées peuvent être considérées comme sûres et sont directement exploitées.

Liste des sites bibliographiques étudiés par des spécialistes

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Les sites connus par bibliographie mais étudiés par des spécialistes

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Les sites dont le mobilier a été réétudié

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Les sites dont le mobilier a été réétudié

Cela concerne 35 sites sur les 88 du corpus. Il s'agit de sites dont le mobilier a fait l'objet d'une analyse quantitative et qualitative. Les données issues de ces analyses représentent les informations les plus fiables et répondent le mieux à la problématique de cette étude. Parmi ces sites, 21 ont bénéficié d'une étude plus approfondie, utilisant des techniques archéométriques (métallographie et analyse chimique).

Listes des sites analysés pour cette étude

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Les sites dont le mobilier a été réétudié

Description des données

P0/4 Les scories, formant la majorité des déchets d'activités sidérurgiques, sont classées dans 7 catégories selon leur mode de formation

Les scories sont produites à chacune des phases de la chaîne opératoire, depuis la réduction du minerai en bas fourneau jusqu'à l'élaboration ou la réparation d'objets en forge. Elles sont les déchets les plus présents car elles ne peuvent être recyclées.

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Les scories de fond de four

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Les scories de fond de four

Ces scories sont produites lors du processus de réduction du minerai de fer dans un fourneau à scories piègées (slag-pit furnace - Pleiner 2000) : il s'agit de la partie des déchets qui reste et qui se solidifie à l'intérieur de la fosse, sous la cuve. Elles se présentent sous la forme d'une masse de scorie marquée par de nombreuses empreintes de charbon de bois et par celles du réceptacle à l'intérieur duquel elles se sont formées. Suivant leur taille et leur densité (présence de porosités plus ou moins importantes), ces scories peuvent atteindre plus de 90 kg (Cabboi et al. 2007).

Liste des sites présentant des scories de fond de four

Les fonds de four

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Les scories de fond de four

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Les scories coulées internes

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Les scories coulées internes

Ces déchets se forment lors du processus de réduction du minerai de fer, dans la partie inférieure de la cuve. Ces gouttelettes et cordons se figent lors du refroidissement de la scorie à l'état liquide, entre les fragments de charbon de bois à la base de la structure, ce qui leur confère cette forme de goutte ou de cordon irrégulier.

Liste des sites présentant des scories coulées internes

Les scories coulées internes

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Les scories coulées internes

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Les scories écoulées

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Les scories écoulées

Elles se forment par écoulement à l'extérieur du fourneau de réduction (fourneau à scorie écoulée). Elles peuvent prendre la forme de blocs, de coulures superposées ou de plaques. Leur morphologie et leur texture dépend essentiellement de la viscosité de la scorie (composition chimique et température). Ces scories moulent la forme du sol sur lequel elles s'écoulent.

Les scories écoulées

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Les scories écoulées

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Les scories en culots

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Les scories en culots

Un culot est une scorie de plan circulaire ou ovale et de section plano-convexe qui se forme, sous l'arrivée d'air, au point le plus chaud du foyer de forge. Sa face inférieure épouse la forme concave du fond du foyer de chauffe. La face supérieure peut être concave, plane, voire convexe. Les culots résultent des activités de forge réalisées entre deux curages du foyer, qui interviennent quand le forgeron est gêné dans la conduite de son travail. Ainsi, ces culots contiennent tous les éléments introduits entre les deux curages.

Les culots

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Les scories en culots

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Les scories informes

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Les scories informes

Ce sont de petits nodules de scorie (1 à 3 cm3) qui se forment en périphérie du culot et qui ne s'agglomèrent pas à celui-ci. Elles ne sont pas réunies soit du fait de la faiblesse des pertes lors de l'activité (dans le cas d'une activité de faible intensité), soit parce qu'elles se trouvent trop éloignées du culot en formation. Le simple fait de plonger l'objet en cours de travail ou un ringard (barre de fer utilisée en métallurgie) dans le foyer peut séparer ces fragments de la masse scoriacée à l'état pâteux. Leur petite taille, leur aspect fragmentaire ainsi que les conditions périphériques et sporadiques de leur formation n'en font pas des éléments pertinents pour l'analyse de la chaîne opératoire. Leur proportion peut tout de même apporter des indications importantes sur l'intensité des activités réalisées.

Les scories informes et les parois

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Les scories informes

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Les scories magnétiques

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Les scories magnétiques

Les scories magnétiques sont d'apparence très proches des scories informes. Il s'agit de petites pièces scoriacées réagissant fortement à la sollicitation d'un aimant. Elles se composent de fragments métalliques perdus dans le foyer lors de l'activité de forge. Elles peuvent être issues d'une élaboration d'un objet mais elles sont davantage présentes lors d'activités d'épuration (gromps). Sans analyse métallographique, il n'est pas possible de distinguer ces différentes provenances.

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Les scories magnétiques

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Les parois scorifiées

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Les parois scorifiées

Elles proviennent de la zone périphérique de l'arrivée d'air. Il s'agit de fragments de parois très siliceuses et vitrifiées qui se forment autour de l'arrivée d'air. Ces fragments présentent une face scorifiée et vitrifiée et une face d'arrachement fortement rubéfiée. Ils conservent parfois l'empreinte de l'orifice de ventilation. Ils sont rejetés lors de la réfection de la paroi car celle-ci se dégrade rapidement et réclame un entretien régulier. Soit l'orifice d'arrivée d'air se bouche à cause de la trop forte scorification, soit la paroi se fragmente ou est arrachée par l'enlèvement d'un culot qui lui est lié.

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Les parois scorifiées

P0/5 Au second âge du Fer, des structures archéologiques permettent d'identifier les activités sidérurgiques pratiquées dans les ateliers

Les ateliers peuvent concentrer toutes ou une partie des phases de la chaîne opératoire sidérurgique. Toutefois, il est possible de différencier les structures archéologiques de chacune de ces phases. Un atelier de réduction se compose d'un ou plusieurs fourneaux, d'une zone de stockage du charbon de bois et du minerai, de fosses d'extraction d'argile nécessaire à la construction du fourneau et d'une zone de rejet des scories (ferrier). Un atelier de forge du second Age du fer se compose d'un ou plusieurs foyers au sol reliés à sa soufflerie, d'une ou plusieurs enclumes, d'éventuels récipients (eau, adjuvants antioxydants, autres mixtures) et d'une zone de rangement des outils à proximité de la zone de travail. Ces éléments peuvent se concentrer dans un espace de 15 à 20 m². Le sol de l'atelier est recouvert de déchets liés à la sidérurgie (battitures, fragments de scorie). L'enclume se situe au maximum à 1,5 m du foyer de forge, compte tenu des contraintes thermomécaniques (Mangin et al. 2000b). Cet espace est en général couvert afin de protéger l'activité des intempéries, et la pénombre aide le forgeron à estimer la température du métal chauffé. Toutefois, les exemples ethnologiques et archéologiques confirment qu'un simple auvent peut suffire et même que la forge en extérieur est envisageable pour une courte durée ou pour des travaux spécifiques.

Tableau récapitulatif des structures liées à la sidérurgie

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Les bâtiments

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Les bâtiments

Sur les 88 sites du corpus, 7 bâtiments dédiés à la forge ont pu être mis en évidence. Il s'agit de bâtiment sur poteaux de 16 à 60 m². Les plans sont très divers et l'aménagement peut être très simple (Villiers-sur-Seine). Il n'y a pas d'organisation récurrente, hormis la répétition de la présence d'auvents (Condé-sur-Suippe, Ronchères, Vernon, Rue, Bayonvilliers). Mis à part sa fonction pratique, il peut servir d'espace de négoce dans un environnement commercial, comme à Bibracte, à Vernon ou à Condé-sur-Suippe. Certains présentent des similitudes avec des ateliers connus, comme la forge de Ronchères et celle de Paule "Le Camp de Saint-Symphorien" (Menez et al. 2007) qui sont marquées par une symétrie entre deux fosses de plans identiques. Une autre récurrence peut être remarquée entre les sites de Bazoches-sur-Vesle, Ronchères, Paule et Bibracte (Pernot et al. 1993 ; Pernot et al. 2002) qui possèdent une rigole traversant une partie du niveau de sol de l'atelier. Deux autres ensembles, de morphologie et d'organisation très proches, sont visibles à Lacroix-Saint-Ouen "Le Pré des Iles" et à Bazoches-les-Bray "Près le Tureau aux Chèvres".

Les bâtiments de forge

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Les bâtiments

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Les bas fourneaux à scorie piégée

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Les bas fourneaux à scorie piégée

Il s'agit d'un fourneau de réduction composé d'une fosse sur laquelle est élevée une cuve (cheminée). Plusieurs variantes sont connues, suivant la présence ou l'absence d'une porte donnant accès au métal réduit (utilisation multiple ou non). Lors de la réduction, le métal va se concentrer au point le plus chaud du fourneau, sous les arrivées de ventilation. La scorie liquide qui résulte de la fusion d'une partie des oxydes de fer du minerai, des autres substances contenues dans celui-ci ainsi que de la matière provenant des cendres de charbon de bois, de paroi d'argile et d'éventuels ajouts, va être en partie séparée verticalement du métal et être stockée dans la fosse située en dessous. Ces fourneaux sont caractérisés par la production de scories de fond de four.

Les fourneaux à scorie piégée

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Les bas fourneaux à scorie piégée

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Les bas fourneaux à scorie écoulée

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Les bas fourneaux à scorie écoulée

Il s'agit de fourneaux de réduction pour lesquels la séparation entre le métal et la scorie se fait horizontalement. Des orifices sont aménagés devant une fosse de coulée et permettent d'évacuer en cours d'opération la scorie. Cela permet d'évacuer davantage de scorie et ainsi de produire une masse métallique plus volumineuse et plus dense. De nombreuses variantes sont connues mais dans la grande majorité des cas ces fourneaux sont à utilisations multiples. Ils sont caractérisés par la production de scories écoulées.

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Les bas fourneaux à scorie écoulée

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Les foyers de forge polyvalents

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Les foyers de forge polyvalents

Il s'agit de foyers d'assez grande taille permettant de travailler aussi bien des pièces longues et volumineuses que des pièces de taille plus réduite. Le foyer de Ronchères est de plan plus ou moins carré de 2 m sur 1,5 m et présente deux zones rubéfiées indiquant une réfection ou une adaptation de l'espace de chauffe en fonction des activités. Les foyers de Condé-sur-Suippe sont globalement très proches. Celui de l'atelier I1 est de forme sub-rectangulaire et sa taille est particulièrement imposante (280/140/35 cm). Le foyer de l'atelier I2 est de forme ovale irrégulière et sa taille est tout aussi importante (220/140/60 cm). Celui de l'atelier O1 est de plan sub-rectangulaire mais particulièrement arasé (120/90/5 cm). A Allemant, les foyers circulaires ou sub-circulaires de près d'un mètre de diamètre peuvent également être considérés comme des foyers de forge polyvalents. Enfin, l'un des foyers de l'atelier du site de Villiers-sur-Seine peut être assimilé à ce type (130/80/10 cm).

Les foyers de forge polyvalents

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Les foyers de forge polyvalents

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Les foyers de forge spécialisés

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Les foyers de forge spécialisés

Il s'agit de foyers dont la morphologie induit une fonction plus spécialisée. A Vernon, 2 foyers circulaires de petite taille sont conservés (dia : 30-40 cm ; prof. 15 cm). De tels foyers ne peuvent pas permettre de travailler des pièces de taille supérieure à 25/30 cm, car elles ne pourraient pas être chauffées dans leur totalité. Le second foyer de Villiers-sur-Seine, présente un plan circulaire identique et indique un changement dans la vocation de l'atelier, orienté vers de petites pièces. A Condé-sur-Suippe, un foyer possède un plan au sol très particulier en fer à cheval qui le rapproche d'exemples modernes d'ateliers de charronnerie. Enfin, des foyers de cémentation sont connus pour les périodes plus récentes. La présence de ces activités sont attestées à Bobigny "Stade de la Motte" par la présence de cément, mais aucune structure spécialisée n'est connue.

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Les foyers de forge spécialisés

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Les foyers de forge particuliers

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Les foyers de forge particuliers

Il s'agit de grandes fosses quadrangulaires pouvant atteindre 3 m sur 2, aux parois verticales et à la rubéfaction très variable en intensité et en localisation. Certaines zones davantage rubéfiées font penser à des emplacements d'arrivées d'air. Souvent, la rubéfaction n'est visible que sur l'une des moitiés de la structure, faisant de l'autre une sorte d'alandier. La présence à Tergnier "Les Hauts Riez" de 6 de ces structures en association avec des scories de forge et de réduction laisse entrevoir une fonction de foyer d'épuration comme ceux retrouvés à Paule (Berranger 2006, rapport de fouille de la campagne 2005). A Allemand "La Vallée Guerbette", l'ensemble des phases de la chaîne opératoire, de l'extraction du minerai à la forge est pressenti et 8 structures de ce type sont présentes. Enfin ce type de structure est connu également en Moselle à Rémilly "Petite Fin" (Leroy 1997). Leur interprétation en tant que foyers d'épuration se fonde jusqu'à présent sur leur contexte et sur leur taille importante permettant de conserver la masse brute de fer à épurer dans une atmosphère réductrice.

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Les foyers de forge particuliers

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Les systèmes de ventilation

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Les systèmes de ventilation

Pour la période, la ventilation des forges est latérale et le système de propulsion de l'air est en matériau périssable. Un conduit appelé tuyère est chargé d'isoler thermiquement le système de ventilation. Il peut se présenter sous la forme d'un simple conduit aménagé dans le sol et perforant la paroi ou bien d'un bloc tuyère amovible en argile cuite directement placé au contact des flammes. Les blocs tuyères semblent apparaître plus tardivement que les conduits aménagés dans le sol. Les seuls indices de leur utilisation dans la région étudiée remontent à La Tène D2. Il s'agit d'un bloc tuyère à orifice unique, découvert à Condé-sur-Suippe et plusieurs indices laissent supposer leur utilisation sur l'oppidum de Villeneuve-Saint-Germain. Ces deux formes de tuyère peuvent comporter de 1 à 3 perforations afin d'élargir ou rétrécir la surface de chauffe.

Les systèmes de ventilation

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Les systèmes de ventilation

P0/6 Les outils de forge peuvent être divisés en deux grandes familles

Les outils sont le reflet du travail de l'individu qui les manie et représentent des objets personnels. Ils sont modifiés, adaptés continuellement au travail de l'artisan, à l'idée qu'il se fait de leur utilisation et à la production qu'il entreprend. La faible quantité des découvertes ne permet d'aborder les outils que de façon qualitative. Dans le contexte du second Age du fer cela signifie que leur présence est liée à celle d'une activité spécialisée.

Tableau récapitulatif des outils liés à la sidérurgie

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Les outils actifs

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Les outils actifs

Ils sont directement mus par l'artisan lors du travail. Ils vont correspondre à divers processus de mise en forme. Ils vont permettre de percuter, déformer, découper, percer, abraser… Leurs types et morphologies sont par conséquent très importants. Il s'agit d'outils qui s'adaptent à chaque spécialité et à chaque artisan, mais aussi qui peuvent être modifiés en cours de travail si cela est nécessaire. Il peut s'agir d'outils de percussion directs (marteaux) ou indirects (tranches, ciseaux, matrices…), d'outils de préhension (pinces, tenailles), de pelles à feu ou d'outils d'abrasion (limes, aiguisoirs, polissoirs).

Les marteaux

Les outils de percussion indirecte

Les tenailles

Les limes

Les pelles à feu

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Les outils actifs

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Les outils passifs

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Les outils passifs

L'enclume est l'outil passif par excellence. Plusieurs types d'enclumes sont en effet connus, suivant le matériau dont elles sont constituées (fer, bois, pierre), et selon leur morphologie. Elles peuvent être des blocs compacts de volume plus ou moins important, de forme variable, ou posséder une simple bigorne. Pour les enclumes en pierre, la résistance du matériau n'autorise en général que des volumes larges et compacts. Les bacs de trempes entrent également dans cette catégorie. Il s'agit de récipients à liquide dans lesquels le forgeron va plonger son métal afin de réaliser un traitement thermique appelé trempe.

Les enclumes

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Les outils passifs

P0/7 Les éléments métalliques peuvent être séparés en 6 catégories

Les déchets métalliques liés à une activité de forge et leur morphologie apportent des informations précieuses sur le métal travaillé (produit long, plat, massif) et sur le type d'objets produits car ils représentent des états intermédiaires de la matière depuis le demi-produit jusqu'à l'objet manufacturé.

Tableau récapitulatif des chutes métalliques

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Les déchets informes

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Les déchets informes

Cette catégorie regroupe les fragments de métal en cours de compaction et les éventuels éclats.

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Les déchets informes

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Les chutes de produit plat

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Les chutes de produit plat

Cette catégorie regroupe les chutes de tôle ou de plaque.

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Les chutes de produit plat

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Les chutes de produit long

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Les chutes de produit long

Cette catégorie regroupe les chutes séparées suivant leur épaisseur entre tige et barre.

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Les chutes de produit long

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Les pièces inachevées

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Les pièces inachevées

Cette catégorie regroupe les fabricats d'objets et les ratés de fabrication.

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Les pièces inachevées

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Les demi-produits

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Les demi-produits

Un demi-produit concrétise un état intermédiaire de la matière entre le métal brut à la sortie du bas fourneau et l'objet fini. La taille et la morphologie des demi-produits varient en fonction des masses brutes de fer initiales, de la quantité de travail d'épuration réalisée, de la nature du métal (fer/acier) et de la destination du produit. Ceci se traduit de fait par une valeur marchande graduée. C'est donc sous de multiples formes que le métal va circuler et être commercialisé.

Les demi-produits

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Les demi-produits

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Le métal de récupération

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Le métal de récupération

Cette catégorie regroupe les objets et fragments d'objet destinés à la récupération.

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Le métal de récupération

DONNÉES DE RÉFERENCES

Données sociétales

P0/8 Le second âge du Fer est le théâtre d'une constante complexification sociale et économique

La période concernée voit au cours de La Tène ancienne l'effondrement des fastueuses "Principautés Celtiques" et un retour à une organisation que l'on peut à nouveau qualifier de chefferie (Brun 1993). C'est à La Tène C qu'a lieu l'adoption du monnayage et le développement des premières agglomérations. Intervient ensuite à La Tène D ce qui peut être sans ambiguïtés qualifié de système étatique, centré autour de villes, les oppida (Brun 1995 ; Brun et al. 2000). Cette complexification sous-jacente est accélérée par l'influence stimulante des sociétés voisines à travers des échanges commerciaux et autres contacts interculturels.

Tableau chronologique présentant les principales évolutions socioéconomiques

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La Tène ancienne

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La Tène ancienne

Le début du second âge du Fer se caractérise par une société stratifiée de type familial et clanique dont les espaces contrôlés sont de petite taille (Brun 1995 ; Baray 2003 p. 389). Le pouvoir de l'élite, bien que monopolisant une grande partie des richesses locales et surtout celles des échanges à longue distance, demeure restreint. En revanche, à la fin de La Tène A, les nécropoles montrent une liaison, au moins idéelle, entre les attributs militaires et l'élite sociale. Les établissements les plus courants sont ouverts et il est possible de voir à l'intérieur de cette catégorie différents niveaux hiérarchiques (Gransar et al. 1999).

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La Tène ancienne

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La Tène moyenne

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La Tène moyenne

Le début de La Tène moyenne est lié à la migration celtique décrite dans les textes antiques et se traduit dans le nord de la France par une baisse du nombre de sites d'habitats. Les données sont réduites pour cette phase, mais il semble que la société devient davantage égalitaire (Demoule 1993). Tout au long des 5ème - 4ème s. les formes d'occupation n'ont guère changé. Il s'agit d'installations ouvertes peu structurées de 1 à 2 ha. Peu de sites enclos sont connus, mais ils révèlent une richesse bien supérieure. Un retour à une aristocratie foncière semble ensuite s'opérer. Accompagnées d'une augmentation démographique, les fermes deviennent plus nombreuses, elles sont encloses et marquent davantage leurs assises territoriales. Cette période voit également se développer une plus grande hiérarchisation sociale et l'émergence d'agglomérations ouvertes de plusieurs hectares. Ces "bourgs" sont le siège d'activités artisanales et commerciales et démontrent que l'activité agricole permet à une tranche de la population de se détacher du monde rural. En parallèle, l'utilisation et la production de monnaie se développent, tout comme la mise en place de sanctuaires religieux.

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La Tène moyenne

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La Tène finale

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La Tène finale

A La Tène finale, le phénomène d'agglomération s'intensifie et de véritables villes se mettent en place ex nihilo sur de nouveaux emplacements : les oppida. Ils s'accompagnent de la généralisation du monnayage et des prémices d'un système politique étatique. Les oppida comportent de véritables quartiers artisanaux, des rues, des places, le tout selon un plan prédéfini, et encerclés d'une fortification. Ils revêtent également tous les attributs d'un centre décisionnel avec l'émission de monnaies et la centralisation des ressources agricoles et commerciales régionales. Cette évolution s'accompagne d'une augmentation du nombre d'individus à l'intérieur de l'élite. Cette dernière reste majoritairement foncière et les relations qu'elle peut avoir avec les sites urbanisés sont encore difficiles à envisager. Quoiqu'il en soit, les troubles militaires causés par l'invasion romaine redonnent finalement à l'aristocratie guerrière toutes ses lettres de noblesse.

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La Tène finale

P0/9 Au second âge du Fer, la consommation des objets en fer évolue, passant d'une consommation restreinte dite de "prestige" à une consommation généralisée "utilitaire"

A partir de la transition entre le Hallstatt final et La Tène ancienne, quelques outils agricoles sont communément utilisés et les outils quotidiens sont restreints aux couteaux et aux haches. Le fer est essentiellement utilisé comme "bien de prestige" sous la forme de parure et d'armement. Les besoins d'une simple ferme à vocation agricole sont peu consommateurs de fer. Seules les résidences d'élite peuvent avoir une consommation accrue, davantage causée par des effets de "modes" que par l'usure des objets. A partir de La Tène C1, les outils agricoles semblent être de plus en plus utilisés et en particulier les socs d'araire en fer à partir de La Tène C2. Les objets en fer comme les fibules remplacent ceux en alliage cuivreux mais leur présence reste restreinte à une partie de la population. A La Tène D1b, l'utilisation du fer devient courante, de nombreux objets deviennent en fer et l'utilisation du fer dans les constructions représente la norme.

Représentation de l'évolution de la consommation du fer au second âge du Fer

Données environnementales

P0/10 Le nord du Bassin parisien possède une multitude de voies de communication (fluviales et terrestres)

La forme du paysage et le réseau hydrographique du nord du Bassin parisien offrent une multitude de voies de communication naturelles majeures, orientées principalement d'est en ouest et matérialisées par les principaux fleuves (Seine, Marne, Yonne, Oise, Aisne, Somme). D'autres cours d'eau plus petits complètent ce maillage relativement dense. Les voies terrestres sont difficiles à mettre en évidence. Toutefois, les tracés gallo-romains reprenant le tracé des voies gauloises permettent de donner une idée de ce qui avait cours à La Tène finale. Ces voies terrestres viennent compléter les voies navigables en formant un maillage nord-sud.

Les voies de communication

P0/11 La région étudiée peut être divisée en 3 zones : une zone Nord-Ouest, une zone Nord-Est et une zone Sud

Certaines zones, connues pour leurs exploitations sidérurgiques primaires, en jouxtent d'autres caractérisées par une apparente absence de sites de réduction, tant pour l'Age du fer que pour l'Antiquité.

Les principales zones historiques de gisements de minerai de fer dans le Nord de la France

Les zones géographiques définies dans cette étude

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Le Nord-Ouest

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Le Nord-Ouest

Cette entité géographique peut être circonscrite à l'ouest de la Picardie (moitié ouest de l'Oise et la Somme) et à la moitié nord de la Normandie, la Seine faisant plus ou moins office de frontière sud. Elle regroupe 23 sites de l'inventaire. Cet ensemble géographique est doté de gisements de minerai importants mais peu de sites de réduction sont connus pour l'âge du Fer. Il semble rester longtemps en retrait des réseaux commerciaux à longue distance, même si la Seine et la Somme pouvaient représenter des axes commerciaux importants.

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Le Nord-Ouest

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Le Nord-Est

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Le Nord-Est

Cette zone peut être délimitée, dans une large mesure à la moitié est de la Picardie et à la frange ouest de la région Champagne-Ardenne. Elle regroupe 31 sites de l'inventaire. Elle est dotée d'une matière première géologique peu abondante et de faible ampleur comme le montrent le faible nombre de sites de réduction connu, toutes périodes confondues. Elle possède en revanche un réseau d'échange foisonnant.

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Le Nord-Est

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Le Sud

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Le Sud

Cette zone peut être définie par l'espace légèrement élargi de ce qui correspond aujourd'hui à l'Ile-de-France. Elle regroupe 32 sites de l'inventaire. Cet ensemble géographique est doté de gîtes de minerai très important et représente la zone sidérurgique la plus densément exploitée. Elle se positionne le long de l'axe de communication majeur de la Seine.

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Le Sud

Données ethnologiques et expérimentales

P0/12 D'après les exemples ethnographiques et expérimentaux, la chaîne opératoire en sidérurgie directe peut être divisée en trois grandes phases : la réduction, l'épuration et l'élaboration

L'épuration et l'élaboration sont des activités de post-réduction ou encore de forge : forge d'épuration et forge d'élaboration. La séparation entre ces deux dernières phases peut s'avérer délicate car elles peuvent avoir lieu sans interruptions.

Tableau synthétique de la chaîne opératoire sidérurgique

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La réduction

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La réduction

Cette première étape consiste à transformer le minerai de fer en métal brut dans un bas fourneau. Cette opération combinant minerai, charbon et oxygène intervient à des températures inférieures au point de fusion du métal. Le fer et l'acier s'agglomère à l'état pâteux tandis que la scorie produite est liquide. Le résultat de cette opération est une masse de fer et/ou d'acier plus ou moins compacte et comportant plus ou moins de scorie et de charbon de bois suivant le type de technique employé.

Représentation schématique d'un four de réduction du minerai de fer

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La réduction

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L'épuration

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L'épuration

L'épuration consiste, par martelage, à rendre plus compacte la masse brute de métal en agglomérant les fragments de métal disjoints, en soudant sur elles-mêmes les porosités initiales et en évacuant au maximum la scorie. Les techniques employées dépendent de la texture initiale de la masse brute de métal et de la production escomptée. Ensuite, une série de corroyages (pétrissage) peut permettre d'homogénéiser une masse à la composition hétérogène en transformant des zones plus ou moins aciérées en une succession de couches. Le métal est plus résistant et cela lui procure de meilleures propriétés mécaniques (pseudo damas ou damas de corroyage). L'épuration du métal se pratique tout au long du martelage, depuis la masse brute de métal jusqu'à l'objet fini, mais peut néanmoins s'interrompre et le produit qui en résulte est appelé demi-produit.

Essai de typologie des pratiques d'épuration

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L'épuration

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L'élaboration

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L'élaboration

Le métal travaillé peut être un demi-produit, une ébauche de l'objet à fabriquer ou une masse issue d'une agglomération de différents fragments de métal (recyclés par exemple) à partir desquels l'artisan, grâce à une large gamme de gestes et de procédés techniques, va appliquer des transformations physiques et chimiques. Ses choix dépendront de la matière première (qualité, composition), du savoir-faire de l'artisan et de la complexité technique de l'objet visé.

Tableau synthétique des procédés de forge

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L'élaboration

P0/13 Une évaluation des rendements est possible à partir des déchets de réduction

L'évaluation du rendement d'un fourneau ou d'un atelier de réduction est possible grâce à un bilan matière (bilan chimique). Toutes les substances introduites dans le fourneau doivent en sortir. Ainsi, l'analyse chimique du minerai et des scories d'une part et une évaluation quantitative (poids) des scories d'autre part, permettent par déduction de connaître la quantité de métal produit (Serneels in Mangin dir. 2004 p.130).

Représentation schématique du bilan matière

P0/14 L'évaluation des pertes métalliques permet de quantifier la production en forge

Lors d'une activité de post-réduction, une certaine quantité de fer est perdu, soit sous forme métallique, soit sous forme d'oxyde. Afin d'évaluer la quantité de fer travaillée sur un site, il faut connaître la quantité de fer perdue lors de la formation des déchets scoriacés et des battitures. Plusieurs travaux d'expérimentation permettent de donner un ordre d'idée de ces pertes en métal au cours des différentes phases du travail en forge (Serneels in Anderson et al. 2003).

Tableau synthétique des pertes de métal lors des activités de forge, d'après expérimentations

P0/15 A des procédés techniques distincts correspondent des savoir-faire distincts

Chaque procédé technique ne réclame pas le même apprentissage, ni le même savoir-faire, ni la même pratique. Il est possible de classer ces procédés en 4 degrés : - les procédés simples de travail d'une pièce de métal unique ; - le travail d'un acier fortement carburé ou d'une masse fortement hétérogène et les techniques de soudures simples d'acier à faible teneur en carbone ; - les techniques dites avancées. Il s'agit des procédés thermochimiques (cémentation et carbonitruration) et les soudures fer/acier ; - les procédés dignes d'experts (Pleiner 2006). Il s'agit davantage d'une complexité dans les enchaînements de procédés comme pour la fabrication de lames d'épées par damas d'assemblage.

Tableau récapitulatif des savoir-faire nécessaires aux activités sidérurgiques

P0/16 Jusqu'à la révolution industrielle, la vocation des sites de post-réduction est soit domestique, soit artisanale, soit proto-industrielle

Si l'on considère que la vocation d'une production est : - soit de subvenir aux besoins stricts d'une communauté restreinte sans implication commerciale : il s'agit alors d'une activité domestique ; - soit, au moins en partie, d'être diffusée via des rapports commerciaux : elle peut alors être qualifiée d'activité artisanale. Ensuite, à l'intérieur des activités artisanales, une nuance peut être introduite entre le terme d'artisanat et celui de proto-industrie. Cette distinction est faite à partir d'une définition proposée par le géographe A.J.-M. Bernard : "L'industrie s'oppose à l'artisanat par la production standardisée, en série et non plus unitaire ou quasi-unitaire, par l'extériorisation, la codification et la normalisation des secrets de fabrication, la division du travail qui écarte la polyvalence des tâches, le machinisme substitué à la dominante manuelle, la concentration capitaliste et géographique de l'entreprise au lieu de l'échoppe. De cette opposition, survit le critère taille de l'entreprise utilisé pour séparer statistiquement et juridiquement l'artisanat de l'industrie." (Bernard in Levy, Lussault dir. 2003). Le seul terme qui semble nécessaire d'exclure de cette définition, afin de pouvoir l'appliquer aux sociétés de l'âge du Fer, est celui du machinisme.

Méthodes d'analyse scientifique et données de références

P0/17 L'analyse micrographique des scories permet de caractériser les chaînes opératoires

Cette méthode exploite les règles théoriques et pratiques de la thermodynamique. Elle permet, à partir d'une section polie, d'identifier la nature (chimique et minéralogique) et la morphologie des phases constitutives (cristallines ou amorphes) dont la texture illustre les conditions de formation. Elle informe sur les éléments employés et en partie perdus dans le foyer lors de l'activité (perte en métal - fragments, billes ou filaments -, scorie, oxydes, sable, battitures, argile, charbon de bois, cendres, adjuvants, etc.) et sur la conduite des procédés (rapport oxydation/réduction, températures et durée de chauffe). Les culots sont les scories de forge analysées en priorité car ils contiennent tous les éléments perdus dans un foyer de forge entre deux curages. Toutes les informations précédemment citées sont alors stratifiées à l'intérieur des culots et forment une succession cohérente de séquences techniques qui permet de restituer les grandes lignes de la chaîne opératoire.

Les indices d'épuration

Les indices d'oxydation

Les indices de température : la brulure du métal

Les indices de température : la fayalite

Les indices de température : la wustite

Les ajouts : la hercynithe

Les procédés thermomécaniques : le martelage

Les procédés thermomécaniques : les soudures

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Méthodologie d'étude

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Méthodologie d'étude

Les analyses micrographiques de scories se déroulent comme suit : - prise de photos macrographiques de toutes les faces des échantillons sélectionnés - tronçonnage sous lubrifiant - photographie du plan de coupe. Ces clichés faciliteront l'observation de l'échantillon (hétérogénéité, stratification, porosité, répartition des différents composants…); - enrobage dans une résine thermodurcissante appropriée ; - polissage mécanique sous lubrifiant jusqu'à une granulométrie de 1 m ; - photographie et scanne de la surface polie ; - observation intégrale sous microscope métallographique et prise de micrographies ; - attaque chimique au Nital si présence d'éléments métalliques ; - nouvelle observation intégrale avec micrographie des structures caractéristiques ; - dessin du plan de coupe à partir des observations d'analyse (macros et micros), et report des références aux clichés.

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Méthodologie d'étude

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Différenciation entre épuration et élaboration

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Différenciation entre épuration et élaboration

Il s'agit indubitablement de la différenciation la plus délicate à mettre en évidence du fait de la continuité possible entre l'épuration et l'élaboration d'objet dans un culot de forge. Néanmoins, la convergence de plusieurs indices peut permettre de faire ressortir la présence de l'épuration et parfois même de caractériser la compaction initiale du métal travaillé.

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Différenciation entre épuration et élaboration

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Le degré d'oxydation

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Le degré d'oxydation

L'atmosphère oxydante du foyer de forge va former autour de la pièce soumise à haute température une couche d'oxyde, appelé calamine. Elle est à l'origine de la formation des battitures. Dans les culots, elles sont soit issues du choc thermique au cours de la chauffe, soit partiellement détachées lors d'un choc mécanique et se détachent complètement lors de la chaude suivante. Elles peuvent également se former dans le foyer par liquéfaction des oxydes, liés ou non à des ajouts siliceux (battitures globulaires mais aussi globules de wustite épars dans la matrice). La wustite (FeO), qui est l'oxyde formé le plus couramment, se liquéfie entre 1 371 et 1 424°C. L'utilisation d'ajout siliceux diminue cette température de liquéfaction. Ainsi, la proportion de pertes de métal sous la forme d'oxyde dans les culots est un bon indicateur de l'atmosphère plus ou moins oxydante du foyer lors de l'activité.

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Le degré d'oxydation

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Les ajouts

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Les ajouts

Les ajouts ont pour fonction de diminuer l'oxydation superficielle en isolant le métal de l'oxygène, mais aussi d'empêcher le métal de se décarburer. Ils peuvent prendre plusieurs formes comme une barbotine recouvrant la pièce ou de simples jets de sable. Les soudures nécessitent également des ajouts afin d'éliminer les oxydes de surface et mettre en contact deux surfaces métalliques "propres". Les grains de silice vont servir à éclater cette couche afin de permettre les contacts intermétalliques. La silice pure remplit le mieux cette fonction. En revanche, cet ajout a tendance a rester piégé dans les lignes de soudures, c'est pourquoi une combinaison avec un fondant (calcium ou potassium) va permettre de liquéfier le sable et les oxydes en un silicate facilement expulsable au martelage. Ces pertes d'oxyde et ces ajouts sont les deux principales composantes de la fayalite (silicate de fer - Fe2SiO4) des culots de forge. Leur proportion et leur degré de liquéfaction auront tendance à former de la scorie fayalitique ou de la scorie argilo-sableuse.

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Les ajouts

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Les températures d'activité

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Les températures d'activité

Les culots conservent dans leur structure des indices permettant d'évaluer la température de travail et la vitesse de refroidissement du foyer. Le pourcentage de porosités peut indiquer si la scorie était liquide ou pâteuse. La taille des lattes de fayalite et la forme plus ou moins dendritique que la wustite adopte sont également significatives de la température atteinte mais aussi de la vitesse de refroidissement. La multiplication de ces phases à l'intérieur d'un culot peut également indiquer un phasage thermique important, caractérisant la conduite thermique d'une séquence de travail. Souvent, les températures les plus élevées sont liées à des pertes métalliques plus importantes sous la forme de billes "éclatées" ou de chapelets de billes. Il s'agit des stigmates d'un métal qui brûle, le plus souvent l'acier.

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Les températures d'activité

P0/18 L'analyse métallographique des éléments métalliques permet de caractériser les chaînes opératoires

Chaque procédé technique de forge transforme la structure et/ou la texture du métal. Contrairement à d'autres chaînes opératoires, ces activités ont tendance à éliminer en partie les indices des séquences de travail précédentes. Il faut par conséquent "entrer dans la matière" afin de déceler les traces encore visibles. L'analyse métallographique a été développée par les métallurgistes afin de permettre l'étude des métaux et de leurs alliages. Elle permet l'observation des textures (aspect des grains métalliques, des oxydes et des inclusions) et la détermination des phases (alliages fer-carbone) et de leur agencement (hétérogénéité, degré de compaction, soudures, déformation thermomécaniques, transformations thermiques et thermochimiques).

Les phases métalliques

Les procédés thermochimiques : la cémentation

Les procédés thermiques : la trempe

Les procédés thermomécaniques : les soudures

Les procédés thermomécaniques : le corroyage

Les procédés thermomécaniques : le corroyage par replis successifs

Les ajouts : les inclusions de grains de sable

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Méthodologie d'étude

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Méthodologie d'étude

Les analyses métallographiques se déroulent comme suit : - prise de photos macrographiques de toutes les faces des échantillons sélectionnés - tronçonnage sous lubrifiant - photographie du plan de coupe. Ces clichés faciliteront l'observation de l'échantillon (hétérogénéité, répartition des macro-inclusions, éventuelles lignes de soudure…); - enrobage dans une résine thermodurcissante appropriée ; - polissage mécanique sous lubrifiant jusqu'à une granulométrie de 1 micron ; - photographie et scanne de la surface polie ; - observation intégrale sous microscope métallographique et prise de micrographies ; - attaque chimique au Nital si présence d'éléments métalliques ; - photographie de la surface révélée. Ces clichés permettent la localisation macrographique des phases (alliages fer-carbone) ; - nouvelle observation intégrale avec micrographie des structures caractéristiques ; - évaluation des microduretés si nécessaire. - dessin du plan de coupe à partir des observations d'analyse (macros et micros), et report des références aux clichés;

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Méthodologie d'étude

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Les phases métalliques (alliages fer-carbone)

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Les phases métalliques (alliages fer-carbone)

Suivant la teneur en carbone, la structure de l'alliage fer/carbone change. La ferrite est composée pratiquement de fer pur (0,02 % de carbone), elle est très souple et d'une relative malléabilité. La cémentite est une combinaison chimique du fer et du carbone (Fe3C) contenant 6,67 % de carbone et composant les fontes les plus carburées. La perlite est, quant à elle, un agrégat de ferrite et de cémentite contenant 0,8 % de carbone (acier eutectoïde). Il existe bien sûr une multitude d'intermédiaires entre ces trois états. L'augmentation du carbone procure à l'alliage une plus grande dureté mais une moins grande résistance aux sollicitations mécaniques (fragilité). La température de fusion de l'alliage chute considérablement avec l'augmentation de la teneur en carbone de 1536°C pour la ferrite (0% de Carbones) à environ 1135°C pour l'eutectique (4,3% de carbone).

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Les phases métalliques (alliages fer-carbone)

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Les transformations thermomécaniques

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Les transformations thermomécaniques

Il s'agit des procédés de mise en forme du métal, autrement appelés forgeage. Ce sont les procédés manuels permettant de mettre en forme le métal à chaud. Ils consistent à faire subir au métal une succession de chauffes, ou "chaudes", et de passages sur l'enclume, ou "passes", afin de le déformer par martelage ou par "ablations". La fabrication d'une pièce par forgeage représente un cycle qui se décompose en 4 phases : - La chauffe initiale - La phase de maintien en température (homogénéisation thermique) - La phase de martelage "passe" et de réchauffe "chaudes" - Le refroidissement C'est au cours de la conduite de chacune de ces phases qu'interviennent différents procédés et processus, mécaniques et thermiques (désirés ou subis par l'artisan), qui vont engendrer des modifications de la matière. Il peut s'agir d'un simple martelage, d'un corroyage par replis successifs (épuration/homogénéisation), corroyage "en trousse" (récupération), étirage, refoulage, épaulement, bigornage, soudure, découpe, perçage, étampage. Chacun de ces procédés réclame des conditions thermiques adaptées à la morphologie et à la composition de l'objet et engendre des déchets caractéristiques.

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Les transformations thermomécaniques

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Les transformations thermiques

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Les transformations thermiques

Ils modifient la structure du métal, mais pas la composition de l'alliage, en jouant sur la température de chauffe, sur son maintien et sur la vitesse de refroidissement. La trempe : elle est destinée à conférer une plus grande dureté à l'acier (structure perlitique ou ferritoperlitique). Celui-ci est chauffé entre 850 et 723°C puis plongé dans un liquide qui le refroidit rapidement. Cela crée des structures hors d'équilibre suivant la vitesse de refroidissement ; la troostite apparaît lors d'une vitesse de refroidissement moyenne, la bainite pour une vitesse assez rapide et enfin la martensite avec une vitesse très rapide. Le revenu : il s'agit d'une technique d'atténuation de la trempe. Porté entre 180 et 723°C, maintenu le temps de l'homogénéisation et refroidi très lentement, le métal perd une partie de son caractère cassant mais aussi de sa dureté. Le recuit : il est destiné à ramener un acier à sa structure d'équilibre, il consiste en une chauffe au-delà de 850°C et en un refroidissement lent.

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Les transformations thermiques

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Les transformations thermochimiques

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Les transformations thermochimiques

Ces procédés consistent à modifier la composition de l'alliage en diffusant à chaud certains éléments depuis sa surface. La cémentation : c'est un procédé complexe consistant à incorporer du carbone dans le métal afin de modifier ses propriétés mécaniques (plus dur mais plus cassant). Elle s'obtient en chauffant un objet à une température élevée et en le maintenant en contact avec un matériau capable de libérer du carbone (cément). La diffusion du carbone dépend du type de cément, de la durée et de la température. Ainsi, la cémentation d'une barre de ferrite jusqu'à un acier à 0,6/0,7% de C sur 500µm à l'aide de poudre de charbon et d'os demande environ 10 heures à 700°C ou 3 heures à 1 000°C. La nitruration et carbonitruration : ce sont des procédés consistant à durcir superficiellement un fer ou un acier en faisant agir à une température relativement basse (500/550°C pour la nitruration et 650/850°C pour la carbonitruration) une matière azotée combinée ou non avec du carbone. Le durcissement est nettement supérieur à celui obtenu pour un acier cémenté trempé. L'apport de cet élément provoque la formation de nitrures dans les couches superficielles.

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Les transformations thermochimiques

P0/19 L'analyse EDS des inclusions de scorie dans le métal permet une étude de provenance

Suite à la réduction du minerai, la masse brute de fer contient des inclusions de scorie que l'épuration va s'efforcer d'évacuer. La composition de cette scorie provient des éléments non réduits issus du minerai et d'autres facteurs inhérents aux procédés (parois, charbon, ajout…) (Dillmann 1998, Dillmann et al. 2005, Dillmann 2006). Les travaux récents montrent que les rapports entre les "composés non réduits" des inclusions issues de la réduction sont conservés, et tout particulièrement les rapports % mass SiO2 / % mass Al2O3, % mass CaO / K2O et du rapport % mass MgO / % mass Al2O3. Ainsi, la composition de ces inclusions est caractéristique de la chaîne opératoire pratiquée par l'artisan réducteur, et par extension de son atelier de production (lieu d'extraction, préparation du minerai, procédés de réduction employés).

Exemple d'analyse chimique des inclusions de scorie dans le métal

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Principes de l'analyse EDS

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Principes de l'analyse EDS

Cette méthode semi quantitative permet d'obtenir le spectre de composition ponctuel d'une zone sélectionnée d'un échantillon. A l'aide d'un microscope électronique à balayage, la zone est bombardée par un faisceau d'électrons dont l'impact provoque l'émission des rayons X caractéristiques des éléments la constituant. Le détecteur EDS qui reçoit ces émissions de rayons X crée des impulsions dont la hauteur est proportionnelle à l'énergie du photon X. On peut séparer par un discriminateur les impulsions selon leur hauteur, et ainsi compter les photons incidents selon leur énergie.

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Principes de l'analyse EDS

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Méthodologie d'étude

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Méthodologie d'étude

L'échantillon est balayé, les inclusions et leur provenance sont repérées (lignes de soudures, groupes d'inclusions séparés par une soudure…). Un nombre de mesures compris entre 30 et 50 donne une valeur statistique suffisante. La scorie de réduction présente une certaine homogénéité chimique à l'échelle macrographique, toutefois, à l'échelle des quelques µm des inclusions piégées dans le métal, une hétérogénéité peut apparaître, due à ce que l'on peut qualifier d' "effet de pépite", inhérent à la taille de l'inclusion inférieure à la taille des composants de la matrice. Un tri est alors nécessaire afin d'éliminer les inclusions les plus petites dont les rapports entre les éléments peuvent ne pas être conservés. Les résultats sont appliqués à une matrice à deux entrées afin de mettre en évidence si les rapports entre les éléments sont constants. Le coefficient de régression R² des droites de régressions passant par l'origine supérieur à 0,6 sera considéré comme suffisamment pertinent pour valider une corrélation.

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Méthodologie d'étude

P0/20 La taphonomie des déchets permet de caractériser les modes de dépôts

Le degré de fragmentation des déchets sidérurgiques et leur assemblage permettent de mettre en évidence les divers traitements qu'ils ont subis avant leur enfouissement. Un dépôt direct en fosse ne va pas engendrer les mêmes destructions que celui, également dans une fosse, effectué après un séjour prolongé sur le sol d'habitat. Le degré de fragmentation correspond au rapport entre le poids de culots fragmentés et celui de l'ensemble des culots. Ce calcul peut être fait à l'échelle globale du site mais aussi à l'échelle d'une structure ou d'un dépôt dans une structure. Ce degré peut être un bon indicateur de la "vie" qui a précédé l'enfouissement des déchets. La présence ou l'absence de certains éléments comme les fragments de paroi est également un indicateur important sachant que ce type de mobilier est très fragile.

Tableau synthétique des différents types de dépôts

INTERPRÉTATIONS

Contexte socioculturel

P1/1 Le second âge du Fer peut être divisé en 3 blocs chronologiques

L'évolution de la consommation du fer et le contexte socio-économique permettent de diviser la séquence chronologique en 3 blocs : - le premier (Bloc I) compris entre le Hallstatt D3 et La Tène B2 (500-250 BC) ; - le deuxième (Bloc II) entre La Tène C1 et La Tène D1a (250-120 BC) - et le troisième (Bloc III) entre La Tène D1b et La Tène D2b (120-30 BC).

P2/1 Les sites peuvent, dans leur contexte chronologique, être classés selon leur rang hiérarchique

La définition d'un rang hiérarchique est relative à chacune des périodes. Elle dépend des restes mobiliers, des activités qui s'y déroulent (cultuel, banquet, stockage régional des denrées alimentaires, émission de monnayage…) et de la structuration de l'habitat (fortification, superficie, architecture monumentale et ostentatoire…). Si l'on prend en référence les travaux réalisés sur la vallée de l'Aisne (Gransar, et al. 1999), et dans la moyenne vallée de l'Oise (Malrain, Pinard 2006), une classification des sites en fonction de leur rang hiérarchique dans la société est possible. Pour le Bloc I, les sites peuvent se diviser en trois catégories : les petits habitats ou habitats temporaires, les habitats ouverts se renouvelant sur place ou se déplaçant, et les habitats enclos (résidence des élites). Le Bloc II peut être divisé en 4 catégories : les fermes de petite taille, les fermes de taille moyenne, les fermes aristocratiques et les agglomérations ouvertes (les deux derniers étant les résidences des élites). Enfin pour le Bloc III, les sites peuvent se diviser en 4 : les fermes de taille petite et moyenne, les fermes aristocratiques, les oppida de rang 2 et certaines agglomérations ouvertes, et les oppida de rang 1 et certaines agglomérations ouvertes (les deux derniers étant les résidences des élites).

Présentation des rangs hiérarchiques au Bloc I

Présentation des rangs hiérarchiques au Bloc II

Présentation des rangs hiérarchiques au Bloc III

Présentation des rangs hiérarchiques au Bloc III (2e partie)

Les activités de réduction

P1/2 Des activités de réduction sont présentes sur 17 % des sites

L'analyse morphologique des scories et la présence de structures artisanales permet d'identifier que 15 sites présentent des activités de réduction, soit 17% du corpus.

P2/2 Il existe une forte disparité entre les sites de réduction dans le rendement de production de fer brut

Dans la majorité des cas, aucune analyse chimique ne nous apporte les données nécessaires à une évaluation quantitative de la production. Toutefois, la quantité de scorie de réduction retrouvée sur les sites, le nombre de bas fourneaux exhumés ou reconstitués grâce aux scories et le type de fourneau employé nous permettent de mettre en évidence une très forte disparité dans l'intensité des activités de réduction réalisées sur chacun des sites. Cette intensité s'échelonne entre une réduction unique à l'aide d'un fourneau en fosse, attestée par la présence d'une scorie de fond four rejetée dans un silo du site d'Ecuelles "Charmoy", à plus de 9 000 tonnes de scories et des batteries de fours à scorie écoulée sur le site d'atelier des Clérimois "La Fouetterie".

P3/1 Au cours du second âge du Fer, dans les régions les plus riches en minerai, la production de fer brut s'intensifie en même temps que l'augmentation globale de la consommation d'objets en fer

Au cours du Bloc I, la consommation d'objet en fer est faible et les sites de réduction sont de petite ampleur. Aucune différence n'est visible sur l'ensemble de la zone. Les fours sont à scories piégées et à utilisation unique, souvent seuls voir en concentration de 2 ou 3 mais dont la synchronie n'est pas certaine. Au cours du Bloc II, la consommation d'objet en fer augmente, mais ni l'organisation, ni l'intensité des sites de réduction ne semblent évoluer. Leur nombre est de plus moins élevé. Ce constat est davantage à mettre en relation avec une lacune de la recherche plutôt qu'avec une représentation de la réalité. Au Bloc III, la consommation du fer devient très importante et les sites des régions les plus riches en minerais comme l'Yonne, le sud de la Seine-et-Marne et le Pays de Bray semblent passer à un échelon supérieur de production. Il s'agit désormais de fourneaux à scorie écoulée et à utilisation multiple, organisés en batteries et dont la production peut atteindre jusqu'à 4 000 tonnes de fer aux Clérimois pour une durée de 200 ans. Le reste de la zone étudiée est peu documentée mais la présence d'activités d'épuration dans les oppida de l'Aisne nous informe d'une activité de réduction proche mais qui reste reduite.

Les activités de forge

P1/3 L'ensemble de la chaîne opératoire est présente sur 9% des sites

L'analyse morphologique des scories et la présence de structures artisanales font ressortir que 8 sites présentent à la fois des activités de réduction et de post-réduction, soit 9% du corpus.

P1/4 Des activités de post-réduction sont présentes sur 84% des sites

L'analyse morphologique des scories et la présence de structures artisanales font ressortir que 66 sites présentent des activités de post-réduction, soit 84% du corpus.

Tableau des sites de forge (1ere partie)

Tableau des sites de forge (2e partie)

P1/5 Les déchets de post-réduction présentent différents degrés de standardisation

Cette standardisation est illustrée par la morphologie et la composition des déchets. Pour les scories, à partir de la morphologie et de la composition des culots (fayalite/argilo-sableux) de chaque site, des familles morphologiques sont définies. Le nombre de ces familles indique la variabilité et donc le degré de standardisation des déchets. Pour le métal, c'est le type de produit travaillé (long, plat, massif), les fabricats et les demi-produits qui entrent dans l'étude.

Tableau récapitulatif des familles de culot sur les sites analysés

P2/3 Les principales chaînes opératoires en post-réduction peuvent être caractérisées

Quatre critères sont pris en compte : - La complexité des enchainements de procédés matérialisée par la typologie des culots - La mise en évidence des procédés par les analyses - Le type de métal travaillé (morphologie, propreté inclusionnaire) - Le type de production

Tableau synthétique de la complexité des enchainements pratiqués sur les sites analysés

P3/2 Les chaines opératoires en post-réduction (activités de forge) varient selon les sites mais sont d'intensité relativement égale à l'échelle des régions

Il n'y a pas de spécialisation régionale en post-réduction, cette dernière n'étant pas sujette à des impératifs géologiques.

P3/3 La qualité inclusionnaire du métal travaillé diffère suivant les sites

La qualité inclusionnaire du métal, ou également degré d'épuration, dépend des phases déjà réalisées avant l'acquisition du métal et définit donc celles qui n'ont plus à être réalisées. Certaines productions nécessitent une excellente propreté inclusionnaire (lame d'épée, tôle, outils artisanaux...) tandis que pour d'autres une faible compaction est suffisante (chenets, enclume...). Ainsi, pour simplifier le discours, 5 qualités de métal peuvent être définies : - Une qualité très mauvaise, proche de la masse brute, caractérisée par un taux d'impuretés supérieur à 25 %. Suivant la qualité de la réduction le taux d'impureté des masses brutes peut être variable, mais il est rarement inférieur à 25 % ; - Une qualité mauvaise, caractérisée par un taux d'impuretés d'environ 15 à 25 %. Il s'agit d'un métal ayant subi un premier compactage sommaire ; - Une qualité moyenne, caractérisée par un taux de porosité d'environ 10 à 15 % ; - Une bonne qualité avec un taux d'impuretés de 5 à 10 % ; - Enfin, une excellente qualité inclusionnaire avec un taux d'impuretés de 0 à 5%. Cette qualité de métal est très comparable à celle des métaux modernes.

Organisation des productions

P2/4 Au cours du second âge du Fer, les activités de forge ont tendance à se séparer spatialement de celles de réduction

Au cours du Bloc I, les activités de réduction se localisent à la fois proche des habitats et dans des zones plus éloignées (certainement dû à la proximité ou non du minerai). Les activités de forge quant à elles se situent dans l'enceinte des habitats. Le nombre de site est à peu près égal entre production continue depuis la réduction jusqu'à la forge (habitat) et production discontinue (atelier de réduction isolé). Toutefois, le nombre de site de forge est plus élevé que celui des sites de réduction. Au Bloc II, une séparation semble s'accentuer entre réduction et forge mais les activités de réduction restent proches de l'habitat. La part des sites de forge s'accroit. Au Bloc III, la réduction est entièrement séparée de la forge et se localise dorénavant en dehors de l'habitat, dans des ateliers spécialisés. La proportion des sites de réduction devient très faible par rapport aux activités de forge.

P2/5 L'intensité de la production en forge varie fortement d'un site à l'autre

Elle peut être définie par plusieurs procédés. Le premier, quantitatif, prend en compte la valeur absolue de scorie retrouvée sur les sites et apporte des données sur l'intensité globale des activités (la quantité de métal travaillé). Une pondération est nécessaire en fonction du degré de fiabilité de l'information (érosion/densité). Ainsi, un premier classement des sites est réalisé prenant en compte le poids des scories et la superficie du site, puis ils sont déclassés ou surclassés en fonction de la situation moyenne. 7 degrés d'intensité sont alors définis. Le second, qualitatif, prend en compte les assemblages de scorie. Cette fois, il apporte des données sur l'intensité des séquences de travail. C'est la proportion de scories informes par rapport aux culots de forge qui est utilisée pour caractériser les assemblages. Ainsi, 4 groupes d'assemblage peuvent être identifiés. Le troisième s'appuie sur le poids des culots et représente la variation de l'intensité des séquences de travail. A nouveau, 4 groupes peuvent être définis. Nous pouvons alors voir que certains sites possèdent une intensité (relative) globale de production élevée mais des séquences de travail d'intensité moyenne (Condé-sur-Suippe) et que d'autres ont une intensité globale faible mais des séquences de travail très intense.

Rapport entre le poids de scorie de forge et la superficie fouillée des sites

Rapport entre scories informes et culots de forge

P3/4 Les ateliers peuvent être isolés, correspondre à une concentration d'activités en un même lieu ou bien à un quartier artisanal regroupant des activités interdépendantes

La mise en évidence de structures d'ateliers uniques ou multiples et la répartition spatiales du mobilier par phase de la chaîne opératoire ou par type de production permet de mettre en évidence l'organisation interne de la production d'un site. Aucun site rural n'a fournit d'argument en faveur d'ateliers multiples et ils doivent être interprétés comme des ateliers isolés. Le cas de Braine " La Grange des Moines " présente une répartition entre le fossé d'enclos et le fossé bordier du chemin d'accès au site en fonction des activités, mais il faut davantage y voir une succession chronologique dans les dépôts. En revanche, les agglomérations présentent des structurations plus complexes. Le site de Bobigny et ses trois parcelles fouillées ne semble pas fournir une synchronie suffisante pour montrer les relations entre les ateliers de forge. De la même manière, le site d'Acy-Romance est trop érodé et le mobilier trop lacunaire pour travailler sur son organisation interne. Enfin, les oppida de Condé-sur-Suippe et de Villeneuve-Saint-Germain semblent avoir des secteurs d'activités métallurgiques, avec des sous-secteurs spécialisés interdépendants. Il semble s'agir de la même organisation à Varennes-sur-Seine mais l'étude archéométrique plus précise reste encore à paraître.

Définition des groupes mobiliers

P4/1 Au cours du second âge du Fer, on assiste à un morcellement de plus en plus important de la chaîne opératoire

Au cours du Bloc I, la présence concomitante des activités de réduction et de forge montre une faible division des phases de la chaîne opératoire sidérurgique. De plus, jusqu'à présent et dans la limite des sites analysés, aucun exemple de production spécialisé n'a pu être mis en évidence. Toutefois, les artisans semblent détenir un savoir global et peu d'interdépendance semble intervenir. Au cours du Bloc III, la réduction semble définitivement séparée de la post-réduction. De plus, la qualité du métal travaillé sur les sites d'une même région montre des niveaux d'intégration différents à l'intérieur d'un réseau d'acquisition/redistribution de la matière première. Ces niveaux séparent en 4 groupes les sites, les premiers intégrant les activités des suivants à l'image de poupées russes. 1 - les sites qui produisent ou importent des masses brutes de réduction et qui les épurent. Ils sont alors les producteurs d'autres demi-produits davantage transformés ou de produits manufacturés. 2 - les sites importateurs de matière sous forme de demi-produits grossièrement compactés et qui les transforment (demi-produits mieux épurés, objets). 3 - les sites qui acquièrent la matière sous forme de demi-produits de bonne qualité inclusionnaire pour une élaboration d'objet. 4 - les sites consommateurs d'objets en fer et qui les entretiennent.

Division de la chaîne opératoire au cours du Bloc I

Division de la chaîne opératoire au cours du Bloc III

P4/2 Les sites de post-réduction sont classés selon la vocation de leur production

La différenciation entre domestique et artisanale peut se faire en comparant la consommation du fer de chaque période et l'intensité de la production des sites. Le niveau technique réclamé par certaines activités exclut également une pratique domestique. Le "coût social" que l'apprentissage d'un tel savoir-faire implique et le faible intérêt économique d'une production réduite paraissent antagonistes. Une activité domestique est alors certainement restreinte à l'entretien ou au recyclage simple surtout pour les périodes les plus anciennes. Doit également être pris en compte l'éventualité d'une activité artisanale itinérante qui peut être identifiée grâce au rapport entre intensité globale de la production, l'intensité des séquences de travail et le savoir-faire. Pour ce qui est des activités proto-industrielles, l'organisation de la production des sites et l'intensité des activités sont les principaux critères. Seules les agglomérations peuvent être susceptibles d'y être associées grâce à leur organisation interne en quartiers et grâce à l'interdépendance des différents ateliers spécialisés. Toutefois, seul le site de Varenne-sur-Seine répond à l'impératif du changement d'échelle de production.

Interprétation des savoir-faire mis en œuvre sur les sites étudiés

Synthèse globale des données qualitatives et quantitatives et interprétation des activités

P4/3 Au cours du second âge du fer, les réseaux commerciaux viennent répondre aux besoins en matière première des régions non productrices en fer brut

La consommation d'objets en fer et les activités d'élaboration d'objets évoluent de la même manière dans toute la zone d'étude. En revanche, certaines régions se spécialisent progressivement dans les activités de réduction et produisent bien plus que les besoins locaux. Les autres régions ne semblent pas modifier leur échelle de production de fer brut depuis le début du second âge du fer et réclament alors une importation de matière première. Cette diffusion est facilitée par la multitude de voies de communication parcourant la région. Cette situation est illustrée par l'étude des barres à douille. Ces barres sont des demi-produits d'excellente qualité (inclusionnaire et mécanique) et représentent une production régionale spécialisée provenant d'une région faiblement productrice de fer brut (interface entre la zone nord-est et la zone nord-ouest). Les analyses chimiques des inclusions montrent une multitude de provenances et indiquent une transformation locale de produits importés.

Résultats des analyses inclusionnaires sur les barres à douille

Evolution chronologique des activités

P5/1 Au cours du second âge du Fer, on assiste à un élargissement des vocations d'activité, avec une vocation uniquement artisanale au Bloc I, l'apparition au Bloc II des activités domestiques et des quartiers artisanaux, et au Bloc III l'apparition des productions proto-industrielles

Les résultats diachroniques obtenus en P4-2 doivent à présent intégrer la variable chronologique et nécessitent d'être réévalués. En effet, pour le Bloc I, hormis les sites clairement artisanaux, les autres sont difficilement interprétables comme des lieux d'activité domestique. Les faibles besoins d'entretien et la présence de culots de tailles relativement importantes justifie difficilement, dans ce contexte, une telle interprétation. Ils peuvent ainsi être les lieux d'activités momentanées d'artisans "ambulants" ou ceux d'une activité artisanale réduite et saisonnière, ne réclamant que peu de savoir-faire. Pour le Bloc II, le caractère transitoire de cette période n'aide pas à avoir une vision claire de son organisation. Le site de Bobigny reste potentiellement un lieu d'activités de forge diversifiées en des ateliers distincts mais le doute qui subsiste concernant son appartenance à un ensemble unique ne permet pas de l'affirmer. En revanche, pour le Bloc III, le contexte de consommation du fer peut être un argument pour revoir à la baisse certaines interprétations. Ainsi, les sites initialement vus comme les lieux d'activités momentanées peuvent à présent représenter des sites aux activités domestiques ou itinérantes de faible ampleur. L'interprétation des activités par blocs chronologiques montre alors, à la fois l'augmentation des sites de forge au cours de La Tène mais aussi la diversification des types d'organisations entre le Bloc I et le Bloc II qui se poursuit plus faiblement entre le Bloc II et le Bloc III.

Interprétation de la vocation des activités en intégrant la variable chronologique

P5/2 Au cours du second âge du Fer, les activités de forge artisanales et proto-industrielles se localisent dans les sites de haut rang hiérarchiques

Pour chacun des blocs chronologiques, les activités de forge les plus élaborés, que ce soit en savoir-faire ou en organisation de la production, se localisent préférentiellement dans les sites de rang hiérarchique élevé. Ce constat doit de plus être revu à la hausse, sachant que les sites pris en compte (car comportant des indices sidérurgiques) ne représentent pas une image proportionnée de l'ensemble des sites connus pour ces périodes. Au contraire, la représentation est inversée car le nombre de sites correspondant à la résidence d'élites est largement minoritaire dans l'ensemble des sites connus.

Rapport entre rang hiérarchique des sites et type d'activité pour le Bloc I

Rapport entre rang hiérarchique des sites et type d'activité pour le Bloc II

Rapport entre rang hiérarchique des sites et type d'activité pour le Bloc III 1/2

Rapport entre rang hiérarchique des sites et type d'activité pour le Bloc III 2/2

P6/1 Au Bloc I, la production est faible et homogène et elle se destine aux élites qui assurent un contrôle direct ou indirect

L'ensemble des régions étudiées semble posséder la même forme d'organisation au cours de ce bloc chronologique (dans la limite des données disponibles). Seul le Sénonais s'organise de cette manière plus précocement. Nous avons des sites de réduction, en dehors ou à proximité de l'habitat d'artisans, produisant leur propre matière première de façon sporadique, dans le but de fournir les catégories les plus élevées de la société en produits finis majoritairement prestigieux. Certains sites semblent être les lieux d'intervention momentanés d'artisans qui fournissent leur savoir-faire le temps d'une commande. La faiblesse des indices de production incite à ne voir dans ces pratiques qu'un rapport à l'échelon local. La part des productions par rapport à la consommation globale est difficilement abordable, mais il semble cependant que les importations à plus longue distance interviennent de façon non négligeable.

Localisation des sites du Bloc I

Schéma théorique d'organisation de la production sidérurgique dans le nord du Bassin parisien, au cours du bloc chronologique I

P6/2 Le Bloc II est une phase transitoire, les produits manufacturés se diffusent plus largement dans la société et les élites transforment leur mode de domination sur la production

Les sites de production primaires ne sont connus que pour le sud-est du bassin parisien mais ils sont envisagés pour les autres secteurs notamment dans le Pays de Bray au moins dès La Tène D1. Seul le site de Cuy "Noslon" semble avoir abrité des activités d'épuration, uniquement en raison de la présence concomitante de restes de réduction et de forge. D'autres doivent pourtant pratiquer cette activité sachant que des sites à la seule activité réductrice sont présents. Les sites réducteurs fournissent un nombre croissant de sites de forge, dont l'activité est désormais coupée de l'obtention primaire de la matière première. Les activités d'élaboration d'objet se développent et un nombre plus grand de sites semblent renfermer de réelles activités artisanales de forge (fermes productrices et agglomérations). Ces sites restent néanmoins la résidence d'une élite sociale et économique et leur production forme un statut nouveau dans l'aristocratie, un statut économique plus uniquement basé sur les richesses foncières, mais aussi sur les productions artisanales. La vocation de ces productions va désormais au-delà de la simple demande des élites et leur diffusion est au moins à l'échelle locale, voire régionale. Les activités d'entretien domestique semblent apparaître en même temps que l'utilisation plus large des outils agricoles en fer. La part des importations dans cette économie du fer reste difficile à évaluer, toutefois, les maigres données sur les activités de réduction peuvent impliquer un rôle non négligeable des importations de matière première afin de subvenir à la demande croissante. Celles des biens de prestige doivent rester relativement constantes et peuvent également avoir accompagné l'approvisionnement en demi-produits.

Localisation des sites du Bloc II

Schéma théorique d'organisation de la production sidérurgique dans le nord du Bassin parisien, au cours du bloc chronologique II

P6/3 Au Bloc III, un phénomène de spécialisation régionale apparaît et l'économie du fer (production/commerce) est dominée par les agglomérations et les fermes aristocratiques

Une séparation s'opère entre le Sénonais et le reste des sous-régions étudiées. La réduction y ait beaucoup plus intense et des sites spécialisés produisent une quantité de métal allant au-delà des besoins locaux. Parallèlement, un site comme Varennes-sur-Seine "Le Marais du Pont" illustre la concentration d'activités de transformation de cette matière brute dans des agglomérations, dans un but visiblement d'exportation à moyenne ou longue distance. Pour le reste des sous-régions la production reste faible, même si le Pays de Bray présente également des fourneaux de réduction plus performants. Dans le nord-est, l'épuration n'est connue que dans les oppida qui semblent être détenteurs d'un monopole sur l'acquisition de cette production qu'ils redistribuent ensuite. La consommation en fer étant visiblement plus importante que la production locale, le commerce à plus longue distance semble prendre une importance plus grande que pour les phases précédentes. A partir du métal transformé en demi-produits, les disparités semblent s'atténuer entre les sous-régions. Certains sites, de rang hiérarchique plus élevés (fermes aristocratiques, agglomérations ouvertes et oppida) acquièrent la matière première pour la transformer et diffusent à leur tour leur production vers des sites consommateurs. Ces derniers pratiquent des activités d'entretien de façon plus régulière que pour les autres périodes.

Localisation des sites du Bloc III

Schéma théorique d'organisation de la production sidérurgique dans le nord du Bassin parisien, au cours du bloc chronologique III

P7/1 Au cours du 2nd âge du fer, l'organisation de la production évolue, mais le contrôle de la production reste en grande partie entre les mains des élites

Du fait d'une plus large diffusion du fer dans la société et d'une démocratisation des activités d'élaboration d'objet, les élites perdent une partie du contrôle de la production et le monopole sur la consommation qu'ils pouvaient avoir au cours du Bloc I. Ils conservent cependant au Bloc III un contrôle économique sur les activités sidérurgiques en concentrant les activités artisanales les plus spécialisées et les activités proto-industrielles dans les sites de rang hiérarchique élevé et en centralisant le commerce de la matière première brute dans les agglomérations.

Remerciements

Je remercie le conseil scientifique du CNRS et l’INRAP pour avoir financé ces recherches à travers une Bourse de Docteur Ingénieur. Je remercie également les archéologues qui m’ont permis d’étudier leur matériel : Ginette Auxiette, Lionel Boulenger, Pierre Broutin, Jean Bruant, Gaëlle Bruley, Thierry Dechezleprêtre, Sophie Desenne, Stéphane Gaudefroy, Frédéric Gransar, Colin Hazelgrove, Bénédicte Hénon, Bernard Lambot, Yves Lebechenec, Pascal Le Guen, Pamela Lowther François Malrain, Denis Maréchal, Stéphane Marion, Gilles Nazé, Patrick Pion, Bruno Robert, Richard Rougier, Antide Viand et George-Pierre Woimant. Je remercie également Philippe Fluzin, Christophe Dunikowski et Sandra Cabboi pour m’avoir permis d’utiliser leurs illustrations.

Photographie et illustrations

© Sylvain Bauvais et Philippe Fluzin

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