USAGES TECHNIQUES ET VALEUR SYMBOLIQUE DES POIGNARDS PRESSINIENS

PRÉSENTATION DU CORPUSDONNÉES DE RÉFÉRENCEINTERPRÉTATIONS

USAGES TECHNIQUES ET VALEUR SYMBOLIQUE DES POIGNARDS PRESSINIENS

Hughes PLISSON

CNRS, UMR6636, Aix-en-Provence

plisson@mmsh.univ-aix.fr

Valérie BEUGNIER

Universiteit Gent, Belgique

vbeugnier@yahoo.fr

Pour citer cet articlePlisson H., Beugnier V., 2007, « Usages techniques et valeur symbolique des poignards pressigniens », The Arkeotek Journal, vol. 1, no 2, www.thearkeotekjournal.org.

Mots-clés

Néolithique finalpoignardGrand-pressignysilexdiffusiontracéologiefonction techniquefonction symbolique

INTRODUCTION

La circulation sur grande distance de produits lithiques particulièrement élaborés constitue un des phénomènes marquants de la fin du Néolithique ouest européen. Les poignards en silex du Grand Pressigny en sont un cas particulièrement patent. Fabriqués en Touraine durant tout le IIIe millénaire avant notre ère, ils diffusent en Bretagne, en Aquitaine, dans la vallée du Rhône et le Jura ainsi qu’en Suisse, en Belgique et jusqu'au Pays-Bas (Pape 1986, Van Der Waals 1991, Mallet 1992, Delcourt-Vlaminck 1999, Riche 1999). À partir des données des villages littoraux et des dates dendro- chronologiques, il est permis de situer précisément ces exportations dans une fourchette chronologique qui va de 3040 à 2100 av. J.-C. avec un maximum de la diffusion entre 2900 et 2400 av. J.-C. (Pétrequin et Pétrequin 1988).

La diffusion de ces poignards en silex roux d’une facture très particulière dans des communautés qui ne maîtrisent pas encore la métallurgie du cuivre et leur découverte dans les mobiliers funéraires ont conduit les préhistoriens à les considérer comme des biens de prestige. Leur présence en contexte d'habitat et la diversité de leurs états d'abandon ont cependant relativisé cette interprétation et nourri l’expression de points de vue contradictoires sur leur statut. C’est la raison pour laquelle nous avons engagé un programme d’analyse tracéologique de 180 poignards en silex du Grand-Pressigny retrouvés dans différents contextes et dont nous présentons ici un premier bilan; Le corpus sera augmenté au fur et à mesure des mises à jour de la base de connaissance en ligne.

Nos examens révèlent un fonctionnement stéréotypé de ces grandes lames, quel que soit leur contexte d’abandon. Elles servent, dans leur forme initiale, à la récolte des végétaux et plus particulièrement des céréales, parfois jusqu'à l'exhaustion de leurs tranchants, avant que leurs fragments ne soient recyclés en outils de formes et d'usages divers, mais toujours dans des registres techniques délimités qui les distinguent des outillages domestiques de facture locale. En nombre trop réduit pour être l’instrument d’une production économique significative, ces éléments trouvent leur place dans une symbolique générale mettant en scène la compétition entre les hommes et l’anthropisation masculine du milieu naturel.

Ce travail est la version SCD, enrichie et remaniée, d’un article publié dans les actes du 25e Congrès Préhistorique de France (Beugnier et Plisson, 2004).

PRÉSENTATION DU CORPUS

Corpus

P0/1 L'étude porte sur un échantillonnage de 180 poignards en silex, originaires du Grand-Pressigny, répartis sur une large zone géographique

L'échantillonnage étudié provient de différentes zones géographiques incluant le Nord de la France, le Bassin parisien, l'Est, le Sud-Ouest, le Midi et la Suisse. Les importations pressigniennes dont nous disposons se composent essentiellement de grandes lames. Elles sont apparentées à la catégorie des poignards et à celles de "leurs dérivés" (Mallet 1992) et sont majoritairement issues de nucleus à crêtes antéro-latérales pour la période ancienne (Pelegrin et Ilhuel 2005, Ilhuel et Pelegrin à paraître) et de nucleus en "livre de beurre" pour la phase récente (Pelegrin 1992).

Carte de répartition des poignards en silex du Grand-Pressigny

Tableau de répartition des poignards suivant les régions

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Nord de la France

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Nord de la France

3 poignards ont été trouvés sur le site de St-Wandrille-Rançon (Seine-Maritime) (Lepert, 1988), 8 à Bettencourt St-Ouen (Somme) (Martin, 1996), 2 à Annoeullin (Nord) (Praud, 2000) et 2 à Bazoches-les-Bray (Seine-et-Marne) (Augereau, 1997).

Série de poignards découverts à St-Wandrille-Rançon

Série de poignards découverts à Bettencourt St-Ouen

Série de poignards découverts à Annoeuillin

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Nord de la France

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Bassin parisien

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Bassin parisien

5 poignards sont issus du site du Petit-Paulmy (Indre-et-Loire), proche des ateliers de taille du Grand-Pressigny (Marquet et Millet Richard, 1995), 2 du site de Portejoie (Eure), 2 de Val de Reuil-La butte St Cyr (Eure) et 1 de La Banque (Eure) (Billard et al. 1995 ; Verron 1975).

Série de poignards découverts au Petit-Paulmy

Série de poignards découverts à Portejoie

Série de poignards découverts à Val de Reuil

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Bassin parisien

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Est de la France

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Est de la France

16 poignards proviennent de la station de Charavines sur le lac de Paladru (Isère) (Bocquet 1994), 20 de la station de la Motte-aux-Magnins sur le lac de Clairvaux (Jura) et 15 de trois stations du lac de Chalain (Jura) (Pétrequin et al. 1987-88 ; Pétrequin et Pétrequin 1988 ; Pétrequin 1998).

Série de poignards découverts à Charavines

Série de poignards découverts à Clairvaux

Série de poignards découverts à Chalain

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Est de la France

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Sud-Ouest de la France

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Sud-Ouest de la France

1 poignard a été découvert sur le site de Combes Fages (Lot) et un autre à St-Pey de Castets (Gironde) (Sireix et Bernard 2000).

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Sud-Ouest de la France

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Midi de la France

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Midi de la France

1 poignard est issu du site de l'Abri Émile Villard (Bouches-du-Rhône) et un autre de La Grotte des Fées (Gard) (Lafran 1955).

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Midi de la France

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Suisse occidentale

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Suisse occidentale

96 poignards ont été mis au jour dans trois stations du lac de Neuchâtel, à Portalban (Ramseyer 1987 ; Mallet et Ramseyer 1991), Chevroux (Mallet 1992) et Concise (Wolf et al. 1999), 3 ont été trouvés dans un des dolmens de la nécropole sur le site de Sion (Gallay et Chaix 1984 ; Gallay 1986, 1995) et 1 a été ramassé à Evolène, sur le Plan-Bertol près du Col de Collon (Curdy 1995).

Série de poignards découverts à Portalban

Poignard découvert à Chevroux

Série de poignards découverts à Concise

Série de poignards découverts à Sion

Poignard découvert à Evolène

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Suisse occidentale

P0/2 L'échantillonnage étudié provient de différents contextes archéologiques, habitat et sépulture

L'échantillonnage étudié est composé de 4 poignards découverts isolés, de 7 poignards issus d'ensembles sépulcraux et de 169 pièces provenant de sites d'habitats et plus particulièrement des villages lacustres du pourtour alpin

Tableau de répartition des poignards suivant le contexte de découverte

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Contexte de sépulture

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Contexte de sépulture

Dans trois cas, les pièces expertisées étaient associées au mobilier funéraire de tombes collectives : 2 dans des sépultures collectives de Val-de-Reuil et 2 dans celles de Portejoie (Eure) et 3 dans le dolmen MVI de la nécropole du Petit-Chasseur à Sion (Valais, Suisse).

Poignards découvert en contexte de sépulture

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Contexte de sépulture

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Contexte d'habitat

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Contexte d'habitat

147 pièces de l'étude appartiennent aux villages lacustres de Charavines (16), Chalain (15), Clairvaux (20), Portalban (72), Concise (9) et Chevroux (15). 22 pièces proviennent de différents sites terrestres et représentent les sites de St-Wandrille-Rançon (3), de Bettencourt-St-Ouen (8), de Annœullin (2), de Bazoches (2), St-Pey de Castets (1), Combes Fages (1) et du Petit-Paulmy (5).

Poignards découvert en contexte d'habitat

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Contexte d'habitat

P0/3 L'échantillonnage correspond au Néolithique final et est précisément daté de 3100 à 2400 av. J.-C. dans les sites lacustres de l'Est de la France et de Suisse

Des datations dendrochronologiques permettent de caler la séquence représentée par les différents sites lacustres entre 3100 et 2400 av. J.-C., sept siècles durant lesquels différents groupes culturels se sont succédés. Les sites terrestres dont proviennent les autres pièces, par la composition de leur mobilier, présentent, dans leurs zones géographiques respectives, des affinités plus ou moins nettes avec les cultures matérielles des groupes Auvernier, Gord, Fontbouisse et Artenac.

Frise chrono-culturelle

Classification morpho-technique

P0/4 L'échantillonnage a été réparti en 4 catégories morpho-techniques sur la base du niveau d'exhaustion des poignards

Au sein de l'échantillonnage étudié, parfois dans un même site, les poignards montrent différents degrés de réduction, depuis leur forme initiale d'exportation jusqu'à l'état le plus fragmentaire à l'issue de multiples ravivages. Nous les avons classés en quatre catégories sur les sites d'importation. S' y ajoute une cinquième catégorie comprenant des fragments de poignards neufs retrouvés exclusivement dans la zone de production.

Les 4 principales catégories morpho-techniques de l'échantillonnage

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Première catégorie : pièces de grandes dimensions, peu modifiées par la retouche

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Première catégorie : pièces de grandes dimensions, peu modifiées par la retouche

La première catégorie identifiée correspond à la forme de circulation et d'introduction des poignards dans les sites importateurs. Elle concerne des pièces de grandes dimensions, peu modifiées par la retouche.

Première catégorie

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Première catégorie : pièces de grandes dimensions, peu modifiées par la retouche

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Deuxième catégorie : pièces ayant subi quelques opérations d'avivage et un début de réduction

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Deuxième catégorie : pièces ayant subi quelques opérations d'avivage et un début de réduction

La seconde catégorie concerne des poignards qui ont déjà subi quelques opérations d'avivage et un début de réduction, sans que leur silhouette ni leur qualité tranchante initiales n'aient été altérées, la retouche en étant bien maîtrisée.

Deuxième catégorie

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Deuxième catégorie : pièces ayant subi quelques opérations d'avivage et un début de réduction

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Troisième catégorie : pièces précédentes sensiblement raccourcies dont la silhouette initiale est largement altérée

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Troisième catégorie : pièces précédentes sensiblement raccourcies dont la silhouette initiale est largement altérée

Dans la troisième catégorie, les poignards sont très sensiblement raccourcis, leur silhouette initiale a été largement déformée et certains bords actifs sont quasiment abrupts

Troisième catégorie

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Troisième catégorie : pièces précédentes sensiblement raccourcies dont la silhouette initiale est largement altérée

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Quatrième catégorie : pièces réduites à l'état de fragment

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Quatrième catégorie : pièces réduites à l'état de fragment

Dans la dernière catégorie, le fragment résiduel ne peut plus être identifié comme poignard.

Quatrième catégorie

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Quatrième catégorie : pièces réduites à l'état de fragment

P0/5 Les 4 catégories morpho-techniques présentent sept types d'usure

Sept types d'usure ont été distingués à faibles et forts grossissements optiques selon les protocoles d'analyse établis par S. A. Semenov (1964), V. E. Shchelinskij (1977) et L. H. Keeley (1980) sur les pièces importées.

Diverses traces d'usage relevées sur les poignards

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Lustre

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Lustre

Lustre visible macroscopiquement, parfois très prononcé, caractérisé par une coalescence dure bombée de trame unie, très étendue (plusieurs millimètres) partant d'un fil plus ou moins douci et à limite franche irrégulière, relativement peu striée .

Lustre

Lustre bien conservé, relevé à la limite du manche, bord droit face inférieure, du poignard 1046 de l'habitat lacustre de Charavines (Isère, France) (200 x)

Lustre relevé sur le bord gauche du poignard emmanché 2303 de l'habitat lacustre de Charavines (Isère, France) (280 x)

Lustre recoupé par la retouche, relevé sur le bord gauche, partie médiane, face inférieure, du poignard retaillé 641 de l'habitat lacustre de Charavines (Isère, France) (280 x)

Lustre relevé sur le tranchant du couteau de Cordée Pa 77 rem R24 F64 de l'habitat lacustre de Portalban (Canton de Fribourg, Suisse) au fil érodé par le contact d'une matière souple abrasive (140x)

Lustre relevé sur le long poignard pisciforme emmanché, n° 1046, de l'habitat lacustre de Charavines (Isère, France) (280 X)

Lustre relevé sur le grand poignard pisciforme, n° 97.228-3/98.227-1, de l'habitat lacustre de Concise (Canton de Vaud, Suisse) (200 X)

Lustre relevé sur le poignard étranglé, n° 130, de l'habitat lacustre de Clairvaux, la Motte-aux-Magnins (Jura, France), niveau H (100 X)

Lustre relevé sur le fragment de poignard n° 19440 de l'habitat lacustre de Chevroux (Canton de Vaud) (200 X)

Lustre relevé sur le dérivé de poignard à dos poli de la Grotte des Fées (200 X)

Lustre relevé sur le fragment de poignard, n° 2737, de la sépulture de Val de Reuil (200 X)

Lustre relevé sur le fragment mésial de poignard, n° 45, de l'habitat de Bettencourt-St-Ouen (Somme, France) (200 X)

Lustre relevé sur le dérivé de poignard, n° 61, de l'habitat d'Annœullin (Nord, France) (200 X)

Lustre abrasé, relevé sur un très grand poignard de Concise (Canton de Vaud, Suisse) (n°30318 collection 1883) (200x)

Lustre recoupé par la retouche, relevé sur le poignard cassé n° 400 51 du Dolmen MVI du Petit-Chasseur (100x)

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Lustre

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Poli ayant l'apparence d'une coulée de vernis

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Poli ayant l'apparence d'une coulée de vernis

Poli microscopique très brillant, dépourvu de tout marqueur cinématique et caractérisé par une coalescence dure ondoyante, de trame unie, d'extension limitée, à limite filandreuse.

Poli ayant l'apparence d'une coulée de vernis

Poli relevé sur le bord gauche, face inférieure, du tranchant médian du poignard cassé 4496 de Charavines (Isère, France) (280 x)

Poli relevé sur le bord droit, face inférieure, du fragment de poignard à retouche en écharpe 58 / Pa 76 sc XXVIII d47 F52 2563 (fig. 7.3) de la phase Auvernier Cordée de l'habitat lacustre de Portalban (Canton de Fribourg, Suisse) (280 x)

Poli relevé sur le fragment de poignard 5 / Pa 66 1223 29 de la phase Lüscherz de l'habitat lacustre de Portalban (Canton de Fribourg, Suisse) (280x).

Poli relevé sur le bord droit, face inférieure, de l'extrémité apicale du poignard retaillé 641, de l'habitat lacustre de Charavines (Isère, France) (280 X)

Poli relevé sur le bord droit, face inférieure, du tronçon mésial du poignard 43 / Pa 331, de la phase Lüscherz de l'habitat lacustre de Portalban (Canton de Fribourg, Suisse) (280x)

Poli relevé sur le poignard losangique, n° 71, de l'habitat lacustre de Clairvaux, la Motte-aux-Magnins (Jura, France), niveau J (100 X)

Poli relevé sur le poignard étranglé, n° 40.049, de la nécropole du Petit-Chasseur à Sion (Canton du Valais, Suisse) (200 X)

Poli relevé sur le poignard étranglé n° 227-1 de l'habitat lacustre de Concise (Canton de Vaud, Suisse) (100 X)

Poli relevé sur le poignard losangique, découvert sur le site de La Banque (Eure) (50 X)

Poli relevé sur un fragment mésial du poignard n°33, de l'habitat de Bettencourt-St-Ouen (Somme, France) (200X)

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Poli ayant l'apparence d'une coulée de vernis

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Usure longitudinale abrasive d'une localisation particulière

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Usure longitudinale abrasive d'une localisation particulière

Usure mate, caractérisée par une coalescence douce à trame serrée, très striée, partant parfois du fil, d'extension variable, à limite floue, marquant souvent les saillants du bord et fréquemment superposé au lustre.

Usure longitudinale abrasive d'une localisation particulière

Usure longitudinale relevée le long des tranchants du fragment de poignard, n° 40.051, de la nécropole du Petit-Chasseur à Sion (Canton du Valais, Suisse) (200 X)

Usure longitudinale relevée le long des tranchants du poignard étranglé, n° 130, de l'habitat lacustre de Clairvaux, la Motte-aux-Magnins (Jura, France), niveau H (200 X)

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Usure longitudinale abrasive d'une localisation particulière

Occurrence des poignards en contexte archéologique

P0/6 Dans les sites d'habitat, les quantités de poignards retrouvés sont faibles

Dans les sites d'habitat ayant livré un volume important de matériel, comme à Portalban, Charavines ou Chalain et Clairvaux, les quantités de poignards retrouvés sont faibles, non seulement par rapport au reste de l'industrie mais aussi rapportées aux durées d'occupation des hameaux et aux nombres de maisons individualisées. On décompte environ deux poignards par an dans la deuxième occupation de Charavines, un cinquième dans la phase Lüscherz de Portalban, un quart dans la phase Auvernier de Portalban. A Clairvaux et à la Motte-aux-Magnins ABC, une maison a rejeté dans ces dépotoirs seulement deux poignards en environs 30 ans d'occupation.

Effectif des poignards découverts en contexte d'habitat

P0/7 En contexte funéraire, les poignards sont également peu nombreux

Au Néolithique, chacun paraît avoir accès aux nécropoles, mais on observe souvent une disparité entre le nombre de poignards et le nombre de défunts dans les tombes. Tous les inhumés ne sont pas accompagnés d'un poignard.

Effectif des poignards découverts en contexte de sépulture

P0/8 De belles pièces sont retrouvées dans les dépotoirs d'habitats

Il y a une propension à rejeter ou à abandonner, dans les dépotoirs et à l'intérieur des maisons, de belles pièces faiblement usées, comme cela s'observe à Clairvaux (la Motte-aux-Magnins, niveaux HJ) et à Charavines (niveau supérieur). Cette tendance est croissante avec les importations (Pétrequin et Pétrequin 1988). Il s'agit, vraisemblablement, de gestes ostentatoires (Pétrequin et Jeunesse 1995, Pétrequin 1998, Pétrequin et al. 1998).

Poignards retrouvés dans des dépotoirs de Charavines (niveau supérieur)

DONNÉES DE RÉFÉRENCE

Tracéologie

P0/9 La coupe de graminées produit un lustre caractéristique

La coupe de plantes non ligneuses, et plus particulièrement de graminées, produit un lustre macroscopique plus ou moins étendu selon le degré de maturité de la tige et sa teneur en silice (tributaire du climat et du sol) ; à l'échelle microscopique, ce lustre se caractérise par une coalescence dure bombée de trame unie, très étendue (plusieurs millimètres) partant d'un fil plus ou moins douci et à limite franche irrégulière, diversement strié selon la hauteur de coupe et la nature du sol (Unger-Hamilton 1989, 1991, Anderson 1992, Korobkova 1992). Nous avons obtenu un lustre comparable à celui des pièces archéologiques en employant une réplique de poignard pressignien, façonnée par J. Pelegrin et emmanchée selon les exemples archéologiques, pour moissonner pendant 1 h 50 du petit épeautre, ou engrain (Triticum monococcum), mis en culture par P. Anderson.

Lustre reproduit expérimentalement par la coupe de graminées

Lustre produit par le fauchage de blé engrain (Triticum monococcum), relevé sur le tranchant d'une réplique de poignard en silex turonien du Grand-Pressigny (100 X)

Lustre produit par le fauchage de blé engrain (Triticunum monococcum), relevé sur le tranchant d'une réplique de poignard en silex turonien du Grand-Pressigny (100X)

Lustre produit par le fauchage de blé engrain (Triticum monococcum), relevé sur le tranchant d'une réplique de poignard en silex turonien du Grand-Pressigny (200 X)

Lustre produit par le fauchage de blé engrain (Triticum monococcum), relevé sur le tranchant d'une réplique de poignard en silex turonien du Grand-Pressigny (200X)

P0/10 L'ététage de céréales produit un poli très brillant sans indice cinématique

Lors d'une action d'étêtage d'épis mûrs d'engrain (Triticum monococcum) par mouvement transversale au moyen d'une lame de silex, P. Anderson a reproduit un poli très particulier, sans indice cinématique, à coalescence ondoyante. Cette usure, fréquemment signalée sous différentes variantes (Vaughan et Bocquet 1987, Caspar 1988, Juel Jensen 1988, 1994, van Gijn 1990, Gassin 1994, Plisson rapport inédit) sur des pièces de silex néolithiques, souvent peu élaborées comme les micro-denticulés de Charavines, n'avait jusqu'à ce jour pu être répliquée ni interprétée.

Poli brillant reproduit expérimentalement par l'étêtage de céréales

Poli produit par l'étêtage d'épis mûrs de blé engrain (Triticum monococcum), relevé sur le tranchant d'une lame en silex à grain fin (expérimentation et spécimen P. Anderson) (100 X)

Poli produit par l'étêtage d'épis mûrs de blé engrain (Triticum monococcum), relevé sur le tranchant d'une lame en silex à grain fin (expérimentation et spécimen P. Anderson) (100 X)

Poli produit par l'étêtage d'épis mûrs de blé engrain (Triticum monococcum), relevé sur le tranchant d'une lame en silex à grain fin (expérimentation et spécimen P. Anderson) (200X)

P0/11 La découpe de matière carnée produit des traces ténues caractéristiques

De toutes les actions réalisées au moyen de tranchants de silex, la coupe de viande est celle qui détermine l'usure la plus discrète, même à l'échelle microscopique, sous la forme d'un poli fluide aux limites diffuses, à peine discernable de la brillance naturelle des grains de la roche. Lorsque l'action porte sur des tissus carnés plus résistants (peau fraîche, aponévrose, tendons), la coalescence des grains devient plus sensible et peut aboutir, microscopiquement, à un véritable émoussé du fil tranchant dans le cas d'opérations de longue durée, tandis que la boucherie, en raison du contact contre les os, tend au contraire à l'ébrécher

Traces ténues reproduites expérimentalement par la découpe de matière carnée

P0/12 La découpe de peau sèche produit des usures abrasives longitudinales localisées sur le fil tranchant

La découpe de peau sèche émousse progressivement le fil tranchant et se traduit par un poli peu brillant , caractérisé par une coalescence douce à trame serrée, très striée, d'extension variable, à limite floue, partant du fil microscopiquement émoussé.

Usures abrasives longitudinales localisées sur le fil tranchant, reproduites expérimentalement par la découpe de peau de sanglier grasse en cours de séchage (200x)

P0/13 Le raclage de peau sèche produit des usures abrasives transversales

Le raclage de peau sèche émousse rapidement le front de l'outil et se traduit par un poli peu brillant, caractérisé par une coalescence douce à trame serrée, excoriée, très striée, d'extension variable, à limite floue, partant du fil dont l'émoussé est souvent perceptible macroscopiquement.

Usure abrasive transversale reproduite expérimentalement par le grattage de peau sèche de chevreuil (200x)

Usure abrasive transversale reproduite expérimentalement par le grattage de peau sèche de chevreuil (200x)

P0/14 L'usage d'une pièce de silex en briquet produit un émoussé d'extrémité macroscopique

La zone active d'un briquet de silex est caractérisée par un émoussé important, visible à l'œil nu dont la distribution et les caractères cinématiques trahissent non pas une pénétration dans la matière d'œuvre mais une trajectoire tangentielle, qui implique une large surface de contact dont le profil devient convexe. Celle-ci possède un aspect chagriné, dû à la présence de micro-cupules formées antérieurement à l'émoussement et résultant de l'endommagement initial de la zone active au début du fonctionnement percussif. Au microscope, on observe des groupes de stries longues, larges et profondes, plus ou moins abondantes, dont les plus marquées sont perceptibles à plus faible grossissement. À un degré ultime de développement, la microtopographie est entièrement régularisée et couverte par un poli de coalescence plus ou moins dure, selon la texture de la pyrite, et de trame unie (Collin et al., 1991 ; Beugnier et Pétrequin, 1997 ; Stappert et Johansen, 1999)

Emoussé d'extrémité macroscopique reproduit expérimentalement par l'usage d'une pièce de silex en briquet

P0/15 L'insertion d'une lame dans un fourreau produit des traces longitudinales abrasives d'une localisation particulière

Nous avons pu reproduire expérimentalement un des cas d'abrasion longitudinale observé sur le matériel archéologique, au moyen d'un fourreau en cuir dans lequel fut insérée la réplique de poignard pressignien. Ce fourreau, confectionné avec de la peau sèche de sanglier et de chèvre graissée à la cervelle, épousait étroitement la lame et l'a progressivement marquée au fil de contacts répétés par introduction et retrait de la pièce. L'usure générée est caractérisée par une coalescence douce à trame serrée, très striée, marquant le fil et les saillants du bord, et se superposant au lustre végétal résultant de l'emploi de l'instrument.

Trace longitudinale abrasive d'un localisation particulière reproduite expérimentalement par l'insertion d'une lame dans un fourreau

Trace longitudinale abrasive produite expérimentalement sur les parties saillantes du tranchant d'une réplique de poignard pressignien, par un fourreau en peau (200 X)

Trace longitudinale abrasive produite expérimentalement sur les parties saillantes du tranchant d'une réplique de poignard pressignien, par un fourreau en peau (200 X)

Poignards pressigniens

P0/16 Les poignards pressigniens sont fortement investis sur le plan technique

Les lames à partir desquelles furent fabriqués les poignards pressigniens, d'une longueur exceptionnelle, résultent de deux modes de débitage très particuliers, adaptés à la structure des rognons de silex sénonien de la région du Grand Pressigny, dont la maîtrise requérait un haut niveau de savoir-faire relevant de tailleurs spécialisés : un premier, récemment mis en évidence (Pelegrin et Ilhuel 2005, Ilhuel et Pelegrin à paraître, Pelegrin à paraître), sur nucleus à crêtes antéro-latérales, entre 3100 et 2800 av. J.-C. environ, puis un second, mieux connu, sur nucleus en "livre de beurre" (Pelegrin 1992, entre 2800 et 2300 av. J.-C. environ.

Les poignards pressigniens sont le résultat d'un investissement technique

P0/17 Les poignards pressigniens sont exclus des activités liées à la maisonnée

Dans les sites d'habitat, les poignards comme leurs fragments sont clairement exclus de tout un ensemble d'activités qui s'effectuaient dans le cadre strict de la maisonnée et qu'un faisceau d'indices tend à attacher au monde des femmes (Pétrequin et Pétrequin 1988, Bailly 2001, Beugnier et Maigrot 2005).

P0/18 Dans le dolmen MXII du Petit-Chasseur (Suisse), un poignard en silex est clairement associé à un sujet masculin

Dans le dolmen MXII du Petit-Chasseur, des pointes de flèches et un poignard en silex du Midi de la France - lui aussi lustré par la coupe des végétaux - sont très clairement associés à un sujet masculin (Favre et Mottet 1995). (Il s'agit d'un dépôt intact, à la différence du dolmen MVI plus récent, qui a livré 3 poignards pressigniens. Ce dernier fut remanié par les Campaniformes, comme ce fut le cas aussi à Val-de-Reuil et Portejoie).

Matériel découvert dans le dolmen MXII du Petit-Chasseur, Sion (Suisse)

P0/19 Il y a similitude de traitement (emmanchement et abandon) entre poignard de cuivre et poignard pressignien à St-Blaise (Suisse)

Ont été retrouvés en milieu lacustre des spécimens de poignards en cuivre de même dimension et de même silhouette et présentant le même mode d'emmanchement que des poignards en silex pressignien, eux même de couleur cuivrée. La similitude de traitement entre poignards en silex et en cuivre, tant dans leur forme que dans leur mode de rejet, est particulièrement frappante à St-Blaise (Strahm1961-62, Wolf in verbis).

Les poignards lithiques et métalliques présentent des similitudes

P0/20 Au Néolithique, des poignards en cuivre sont représentés sur des stèles anthropomorphes

Au Néolithique final, on retrouve sur des stèles anthropomorphes, pour certaines retrouvées en contexte funéraire, des représentations de poignards en cuivre (Gallay 1978) morphologiquement proches des pièces pressigniennes mais qui, compte tenu de leur rareté, n'ont pu alimenter d'importants réseaux de circulation et d'échange.

Stèles anthropomorphes avec des représentations de poignards

P0/21 Les gravures rupestres du Val Camonica et du Mont Bégo ont fourni des représentations de poignards

Les gravures protohistoriques du Val Camonica (Italie) et du Mont Bégo (Alpes-Maritimes) comportent des figurations de poignards, de haches et d'araires tirées par des boeufs, datées du IIIe millénaire av. J.-C. (Anati 1960, Lumley 1995, Lumley et al. 1976, Dufrenne 1997, Burri et Marchi 1995, Bazzanella et Marchi 1995). Il s'agit d'instruments d'anthropisation du milieu naturel.

Gravures rupestres du Mont-Bégo (France)

Gravures rupestres du Val-Camonica (Italie)

P0/22 La forme triangulaire allongée des structures funéraires de Sion peut être interprétée comme une silhouette de poignard métallique

Les structures funéraires de Sion (Vallais-Suisse) sont composées d'un coffrage de pierre situé à l'extrémité d'un dallage de forme triangulaire allongée, qui observé en plan dessine une silhouette de poignard métallique.

Plan et reconstitution du dolmen MXII du Petit-Chasseur, Sion (Suisse)

Outils du Néolithique et contextes

P0/23 Tout au long du Néolithique, une grande variété d'outils a servi à moissonner

Au Néolithique, il existe une grande variété de faucilles composites et autres couteaux à moissonner (Anderson-Gerfaud et al. 1991, Anderson et al. 1992, Skakun 1992). Il est vrai que les différentes formes ne sont pas strictement interchangeables d'un contexte à l'autre et paraissent adaptées aux caractéristiques des espèces exploitées (roseaux, céréales à rachis fragiles, céréales à rachis solides ...), à la densité du couvert végétal, à la finalité des récoltes (épis, graines, tiges seules, ...) et aux autres aspects d'organisation (Anderson 1992), mais aucune stratégie technique ne semble devoir dépendre de l'emploi de lames de très grande.

Exemples d'outils néolithiques utilisés pour la moisson

Outils à moissonner retrouvés à Portalban

Diverses armatures lithiques non pressigniennes d'instruments à moissonner retrouvées à Portalban

P0/24 Au Néolithique final, la fonction de signes des pointes semble primer largement sur leur fonction d'usage initiale

Dans les groupes du sud et de l'est de la France, un statut symbolique est accordé aux pointes de flèches. Au Néolithique final, la fonction de signes des pointes semble primer largement sur leur fonction d'usage initiale. Alors que la part de la chasse dans l'économie a diminué, elles se sont diversifiées et leur nombre a considérablement augmenté ; arcs et flèches, au-delà de leur utilisation comme armes de chasse, représentent un moyen d'affichage masculin (Pétrequin et Pétrequin 1988, 1990). Les associations archéologiques et iconographiques relevées dans la nécropole de Sion ne contredisent pas cette proposition.

Des flèches sont utilisées comme symbole sur des stèles néolithiques

P0/25 Dès le Vème millénaire, certaines haches en roche alpine ont été survalorisées

Dès le Vème millénaire, les poignard, les armatures de flèche et les haches en jadéite alpine ont été l'objet de survalorisations donnant lieu à la diffusion sur longue distance de spécimens de dimensions et de factures exceptionnelles (Pétrequin et al. 1998).

Au Vème millénaire, les haches sont souvent utilisés comme symbole

INTERPRÉTATIONS

Distributions des poignards

P1/1 Au Néolithique final, les poignards en silex du Grand-Pressigny sont rares

Dans les villages comme dans les sépultures, les poignards pressigniens sont des objets peu communs.

Distribution des poignards, exemple de Charavines

P1/2 Quels que soient les contextes (habitat ou sépulture) et lorsque le matériel est abondant, les 4 catégories morpho-techniques de poignards sont retrouvées

Hors de la zone de prodution, représentée par des fragments apicaux de poignards neufs, les spécimens retrouvés, aussi bien en habitat qu'en milieu funéraire, sont dans différents états de consommation. Néanmoins, dans les petites séries, ne sont présentes, le plus souvent, que les formes sensiblement réduites, en revanche, lorsque le matériel est abondant, les 4 catégories morpho-tecniques sont représentées.

Séries de poignards découverts dans deux régions différentes

Série de poignards découverts en contexte d'habitat

Traces d'usage

P1/3 Au cours de leur premier stade d'usage, quelques poignards ont servi à découper de la matière carnée et les autres ont servi de façon peu intensive à la moisson de graminées

Quelques uns des plus grands spécimens (1 à Charavines et 2 à Portalban) ne présentent que des traces attribuables à la découpe de matières tendres vraisemblablement carnées. De telles traces extrêmement discrètes, sont facilement masquées par les altérations naturelles ou par des usures plus marquées relatives au travail d'autres matériaux. Il est donc difficile de dire s'il s'agit là d'un usage particulier ou du premier stade de fonctionnement des poignards. Quant aux autres poignards, dont les traces correspondent à la moisson de graminées, ils sont relativement peu usés au regard de leur capacité tranchante.

A - Poli ténu relevé sur le poignard étranglé n° 40.049, de la nécropole du Petit- Chasseur à Sion (Canton du Valais, Suisse) (200X) B -Trace ténue reproduite expérimentalement par la découpe de matière carnée

A - Lustre relevé sur le dérivé de poignard à dos poli, de la Grotte aux Fées (200X) B - Lustre produit expérimentalement par le fauchage de blé engrain (Triticum monococcum), sur le tranchant d'une réplique de poignard en silex turonien du Grand-Pressigny (200 X)

P1/4 Certains poignards, au cours de leur premier stade d'usage, ont été portés dans des fourreaux

La moitié des pièces (5 sur 10) montre des superpositions d'usures sous la forme de traces abrasives longitudinales, recouvrant par endroit le lustre végétal. Ces usures offrent des similitudes d'aspect avec les stigmates liés la découpe prolongée de peau sèche. Cependant, leur diversité d'apparence et de localisation, déjà décrites (Anderson et al. 1992), renvoie vraisemblablement à plusieurs facteurs distincts, parmi lesquels l'emploi de fourreaux de cuir est très probable. Cette usure abrasive est recoupée par la retouche au stade suivant et se concentre alors au niveau de certaines zones saillantes.

A - Usure longitudinale relevée le long des tranchants du fragment de poignard, n° 40.051, de la nécropole du Petit-Chasseur à Sion (Canton du Valais, Suisse) (200 X) B - Abrasion recouvrant le lustre végétal, produite sur les parties saillantes du tranchant d'une réplique de poignard pressignien, par un fourreau en peau (200 X)

P2/1 Dans leurs premières phases d'utilisation, les poignards ont principalement servi à moissonner

Les poignards pressigniens sont d'abord utilisés dans des opérations techniques relatives à la récolte de végétaux. L'usure dominante, sur nombre de spécimens, présente le cortège d'attributs habituellement décrits lors de la moisson des céréales (Unger-Hamilton 1989, 1991, Anderson 1992, Korobkova 1992). Cependant, certaines variations tracéologiques, en particulier sur le matériel de Chalain et Clairvaux, suggèrent que le spectre végétal exploité était peut être plus large.

Dans leurs premières phases d'utilisation, les poignards sont destinés aux travaux agricoles

P2/2 Dans leurs dernières phases d'utilisation, les poignards sont recyclés

Considérablement réduits, les poignards ont été, à ces stades, entièrement recyclés pour le travail des peaux sèches et/ou à usage de briquets.

Les poignards sont recylcés en briquet ou en outils pour travailler la peau

Fonctions techniques

P3/1 Les poignards présentent les mêmes séquences fonctionnelles (travail de matière végétale et carnée, recyclage), quels que soient le contexte (habitat et sépulture) ou la région

Les différents poignards analysés, quelle que soit leur provenance, ne trahissent aucune différence sur leur usage initial ni sur leurs domaines d'emploi ultérieurs. Les seules variations portent sur le degré d'exhaustion des objets et sur l'intensité des réutilisations : partout, les spécimens portent des traces, intactes ou recoupées, de leur emploi pour moissonner des végétaux, ce parfois jusqu'à un stade avancé de réduction, avant d'être recyclés dans d'autres registres techniques.

Séquences fonctionnelles des poignards

P4/1 La fonction utilitaire des poignards (moisson) ne justifie pas leur importation

Bien que particulièrement efficace par la longueur de leur tranchant, ils n'ont pu assurer qu'une par minime de la moisson en raison de leur rareté. Dans la plupart des sites, l'essentiel des activités de moisson est d'ailleurs assuré par d'autres outils, généralement de facture plus modeste et présents en plus grand nombre (Beugnier 2004).

Les poignards ne sont pas uniquement importés pour leur seule fonction technique

P5/1 L'utilisation des poignards dépasse le seul domaine technique

Si la moisson ne justifie pas l'importation des poignard, cette proposition ajoutée au fort investissement dont ils ont été l'objet, souligne leur caractère exceptionnel ; ce qui les inscrit dans une finalité qui sort du domaine technique.

En plus d'être des symboles, les poignards pressigniens servaient comme outils

Fonction symbolique

P1/8 Il y une équivalence symbolique entre poignards lithiques et métalliques

La valeur emblématique reconnue des poignards en cuivre, la similitude de traitement observée à St-Blaise entre ceux-ci et les poignards pressigniens, leur association symbolique en contexte funéraire à Sion, sont autant d'éléments permettant de proposer une équivalence métaphorique entre les deux types de poignards, lithiques et métalliques.

Équivalence symbolique des poignards métalliques et lithiques

P2/3 Les poignards pressigniens sont associés à la sphère masculine

Si les poignards pressigniens ont, à l'image de leurs homologues en métal, une valeur de symbole, elle semble clairement associée à la sphère masculine comme en témoignent à la fois l'association funéraire découverte dans le dolmen MXII et l'absence de poignards utilisés dans le cadre domestique (au sens propre, soit à l'intérieur des maisons).

Les poignards pressigniens sont liés à la sphère masculine

P6/1 Les grands poignards auraient eu pour fonction de valoriser leurs possesseurs masculins

Si les poignards pressigniens sont associés à la sphère masculine et si leur utilité technique ne peut justifier leur importation, il est vraisemblable que leur principale fonction, dans leur forme initiale, fut de valoriser leurs possesseurs masculins.

Les grands poignards servaient à la valorisation des hommes

P7/1 Le prestige des possesseurs de poignard ne s'exprimait pas par l'accumulation d'objets prisés mais par l'aptitude à les renouveler

Si les grands poignards importés ont eu pour fonction, dans leur forme initiale, de valoriser leurs possesseurs masculins, le prestige individuel ainsi acquis ne s'exprimait apparemment pas par l'accumulation d'objets prisés (puisque de belles pièces sont abandonnées dans les dépotoirs), mais plutôt par l'aptitude à les renouveler, c'est-à-dire à participer à des réseaux d'échange. Cela signifie qu'un usage technique prolongé des poignards diminuait vraisemblablement leur valeur de signe et correspondait peut être à un second cercle d'utilisateurs, ce que suggère une dégradation dans la qualité des retouches au fil des ravivages.

Au fur et à mesure de leurs ravivages successifs, les grands poignards perdaient leur valeur symbolique initiale

P7/2 Les poignards semblent avoir fait parti d'un système symbolique destiné à réguler la compétition entre les hommes et soulignant l'emprise masculine sur le milieu naturel

La chasse, les défrichements, la construction des maisons, la moisson sont des fondements importants du mode de subsistance du monde néolithique. Ils sont mis en scène dans les représentations rupestres au travers de la figurations des instruments nécessaires à leur réalisation, parmi lesquels figurent les poignard. Autant de domaines où pouvait s'exprimer et se réguler la compétition entre les hommes, dans un univers symbolique construit autour de l'anthropisation du milieu naturel.

Les poignards pressigniens sont des symboles associés à la domestication du territoire

Remerciements

Avec nos remerciements à Alain Gallay qui nous a laissé adapter des illustrations de l'ouvrage : GALLAY A. (Dir) 1995. Dans les Alpes à l'aube du métal, archéologie et bande dessinée. Sion, Musées cantonaux du Valais. Nous remercions également Emeline Degorre, qui, dans le cadre de son master "Archéomatique" à l'Université de Tours, a travaillé à l'édition et à l'infographie de cette publication.

Photographie et illustrations

Valérie Beugnier, Hughes Plisson

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