Les poignards en silex du Grand-Pressigny : fonction de signe et fonctions d'usage
PRESENTATION DU CORPUS
Corpus
Classification morpho-technique
Occurrence des poignards en contexte archéologique
DONNEES DE REFERENCE
Tracéologie
Poignards pressigniens
Outils du Néolithique et contextes
INTERPRETATIONS
Distributions des poignards
Traces d'usage
Fonctions techniques
Fonction symbolique
P0/12 La découpe de peau sèche produit des usures abrasives longitudinales localisées sur le fil tranchant
La découpe de peau sèche émousse progressivement le fil tranchant et se traduit par un poli peu brillant , caractérisé par une coalescence douce à trame serrée, très striée, d'extension variable, à limite floue, partant du fil microscopiquement émoussé.
P0/13 Le raclage de peau sèche produit des usures abrasives transversales
Le raclage de peau sèche émousse rapidement le front de l'outil et se traduit par un poli peu brillant, caractérisé par une coalescence douce à trame serrée, excoriée, très striée, d'extension variable, à limite floue, partant du fil dont l'émoussé est souvent perceptible macroscopiquement.
P0/14 L'usage d'une pièce de silex en briquet produit un émoussé d'extrémité macroscopique
La zone active d'un briquet de silex est caractérisée par un émoussé important, visible à l'œil nu dont la distribution et les caractères cinématiques trahissent non pas une pénétration dans la matière d'œuvre mais une trajectoire tangentielle, qui implique une large surface de contact dont le profil devient convexe. Celle-ci possède un aspect chagriné, dû à la présence de micro-cupules formées antérieurement à l'émoussement et résultant de l'endommagement initial de la zone active au début du fonctionnement percussif. Au microscope, on observe des groupes de stries longues, larges et profondes, plus ou moins abondantes, dont les plus marquées sont perceptibles à plus faible grossissement. À un degré ultime de développement, la microtopographie est entièrement régularisée et couverte par un poli de coalescence plus ou moins dure, selon la texture de la pyrite, et de trame unie (Collin et al., 1991 ; Beugnier et Pétrequin, 1997 ; Stappert et Johansen, 1999)
P0/15 L'insertion d'une lame dans un fourreau produit des traces longitudinales abrasives d'une localisation particulière
Nous avons pu reproduire expérimentalement un des cas d'abrasion longitudinale observé sur le matériel archéologique, au moyen d'un fourreau en cuir dans lequel fut insérée la réplique de poignard pressignien. Ce fourreau, confectionné avec de la peau sèche de sanglier et de chèvre graissée à la cervelle, épousait étroitement la lame et l'a progressivement marquée au fil de contacts répétés par introduction et retrait de la pièce. L'usure générée est caractérisée par une coalescence douce à trame serrée, très striée, marquant le fil et les saillants du bord, et se superposant au lustre végétal résultant de l'emploi de l'instrument.
P0/9 La coupe de graminées produit un lustre caractéristique
La coupe de plantes non ligneuses, et plus particulièrement de graminées, produit un lustre macroscopique plus ou moins étendu selon le degré de maturité de la tige et sa teneur en silice (tributaire du climat et du sol) ; à l'échelle microscopique, ce lustre se caractérise par une coalescence dure bombée de trame unie, très étendue (plusieurs millimètres) partant d'un fil plus ou moins douci et à limite franche irrégulière, diversement strié selon la hauteur de coupe et la nature du sol (Unger-Hamilton 1989, 1991, Anderson 1992, Korobkova 1992). Nous avons obtenu un lustre comparable à celui des pièces archéologiques en employant une réplique de poignard pressignien, façonnée par J. Pelegrin et emmanchée selon les exemples archéologiques, pour moissonner pendant 1 h 50 du petit épeautre, ou engrain (Triticum monococcum), mis en culture par P. Anderson.
P0/10 L'ététage de céréales produit un poli très brillant sans indice cinématique
Lors d'une action d'étêtage d'épis mûrs d'engrain (Triticum monococcum) par mouvement transversale au moyen d'une lame de silex, P. Anderson a reproduit un poli très particulier, sans indice cinématique, à coalescence ondoyante. Cette usure, fréquemment signalée sous différentes variantes (Vaughan et Bocquet 1987, Caspar 1988, Juel Jensen 1988, 1994, van Gijn 1990, Gassin 1994, Plisson rapport inédit) sur des pièces de silex néolithiques, souvent peu élaborées comme les micro-denticulés de Charavines, n'avait jusqu'à ce jour pu être répliquée ni interprétée.
P0/11 La découpe de matière carnée produit des traces ténues caractéristiques
De toutes les actions réalisées au moyen de tranchants de silex, la coupe de viande est celle qui détermine l'usure la plus discrète, même à l'échelle microscopique, sous la forme d'un poli fluide aux limites diffuses, à peine discernable de la brillance naturelle des grains de la roche. Lorsque l'action porte sur des tissus carnés plus résistants (peau fraîche, aponévrose, tendons), la coalescence des grains devient plus sensible et peut aboutir, microscopiquement, à un véritable émoussé du fil tranchant dans le cas d'opérations de longue durée, tandis que la boucherie, en raison du contact contre les os, tend au contraire à l'ébrécher







